阿尔及利亚合作的欧洲商业中心的海军拱门

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Tuesday, June 01, 2010

L’Algérie s’essaye à l’habitat rural à faible consommation d’énergie



De 2005 à 2009, un vaste plan de construction de 450 000 logements a visé au maintien et à la réinstallation des populations dans l’espace rural algérien. Afin d’y associer une optimisation des pratiques, un projet pilote a été mis en place à Souidania, privilégiant l’utilisation de matériaux locaux et de sources alternatives d’énergie. Un projet pouvant intéresser l’ensemble du bassin méditerranéen. La gestion de l’urbanisation nécessite des politiques de grande envergure, et celles-ci sont parfois peu soucieuses de rentabilité financière, de développement local ou encore d’efficacité énergétique. Le projet pilote MED-ENEC de Souidania a été pensé afin de réunir ces trois conditions, du stade de la construction à celui de l’utilisation.
Au service du développement rural Le professeur Hamid Afra, Directeur du Centre National d’Études et Recherches Intégrées du Bâtiment (CNERIB), avoue son contentement devant l’évolution des mentalités : « un intéressement à ce projet des pouvoirs publics et des citoyens se fait ressentir de jour en jour. C’est un début, la culture de l’économie d’énergie dans le bâtiment commence à se mettre en place à différents niveaux. »
Le CNERIB et le Centre algérien de Développement des Énergies Renouvelables (CDER) se sont associés afin d’élaborer une construction-type de 80 m², résidentielle, pouvant porter des enseignements intéressants pour le plan national de construction. Et grâce à une « coopération très positive entre les différents acteurs et notamment avec l’Union Européenne », des résultats instructifs ont été obtenus.
La consommation énergétique du bâtiment a été réduite de 56%, tout en mettant en valeur les techniques de constructions traditionnelles, souvent optimales en matière énergétique. Ainsi, l’utilisation d’adobes (briques de terre séchée), de la lumière naturelle, l’orientation optimale du bâtiment ou encore la ventilation naturelle en période estivale ont permis d’allier au sein d’un même projet les aspects culturel, écologique et économique.
Un projet « tout à fait adaptable » Aujourd’hui, le projet a un temps de rentabilité important (86 ans) dû à un surcoût de plus de 40%. Mais M. Afra insiste sur le fait que « le projet est tout à fait adaptable aux différents segments de logements. »
Une des raisons pour laquelle le projet a une période de rentabilité aussi longue est que l’État subventionne le secteur de l’énergie. Mais cela, affirme le Directeur du CNERIB, n’est pas rédhibitoire car « il y a lieu de considérer le prix réel du marché de l’énergie pour apprécier la faisabilité de ce projet à grande échelle », ce qui permet de tirer des enseignements non seulement pour des pays où le secteur énergétique n’est pas subventionné, mais même pour l’Algérie elle-même. « La subvention de l’Etat accordée aux produits énergétiques n’est que transitoire. […] D’ailleurs, un premier programme de 600 logements à haute performance énergétique est en cours de lancement par le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. »
Une initiative constructive donc, et qui ne conquiert par seulement architectes et urbanistes. Si M. Afra reconnaît que « c’est un début », il se réjouit que « la culture de l’économie d’énergie dans le bâtiment commence à se mettre en place à différents niveaux. »
Alors qu’en 2008 notamment, l’État algérien annonçait une série de mesure privilégiant à la fois le crédit immobilier rural et le logement social participatif, le projet pilote MED-ENEC ne peut que servir d’exemple. Le secteur de la construction, notamment en milieu rural, est une des priorités du président Bouteflika. Ce dernier a ainsi appelé le gouvernement algérien à atteindre, pendant son mandat de 2010-2014, « un million de logements. » Sur la période 2004-2009, 42% des 920 000 nouveaux logements construits l’étaient en zone rurale.
Une dynamique de coopération Vus les impératifs du logement et les similitudes climatiques dans le pourtour méditerranéen, ce projet n’a pas vocation à rester confiné en Algérie. Selon la FAO, la population agricole décroit sur chaque rive de la Méditerranée, mais moins vite en Afrique du nord qu’ailleurs. Cette région peut donc encore limiter cette évolution qui appauvrit les régions rurales tout en accroissant la pression démographique des centres urbains.
La coopération sud-sud dans ce domaine était d’ailleurs une priorité de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) dès 1992. La Charte Maghrébine pour la Protection de l’Environnement et le Développement Durable stipulait déjà la nécessité « d’intégrer la dimension environnementale dans les politiques de développement économique, social et culturel et à lui accorder la priorité dans les plans de développement », « d’étudier l’impact écologique des projets et des travaux », ou encore de « protéger [le] patrimoine [naturel et culturel] et à lui accorder un intérêt particulier dans les plans de développement et d’aménagements urbains. »
Pour l’ONU également, il est indispensable, à travers la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable du ‘Plan bleu’, « d’encourager les efforts nationaux pour promouvoir des programmes et plans de développement agricole et rural durable sur une base de développement local et participatif, en vue d’atténuer les déséquilibres territoriaux et sociaux et d’améliorer les conditions de vie des ruraux. »
Qu’il s’agisse donc d’une perspective régionale (UMA), de coopération euro-méditerranéenne (MED-ENEC), ou de programmes onusiens (Plan bleu), la particularité du projet algérien de Souidania va clairement dans le sens de la recherche et du partage de bonnes pratiques alliant plan de logement, développement rural, efficacité énergétique et habitat écologique.
Doté d’un budget de 100 000 Euros, ce projet-pilote intervient dans le cadre du programme européen MED-ENEC (phase I) ; de fait, 10 projets ont été sélectionnés comme exemples de pratiques réussies à même d’être développées dans le futur.
Eurojar (Julien Théron)

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