Thursday, December 23, 2010
La communauté algérienne en France

La communauté algérienne en France :
réalités et perspectves
En ouverture des travaux de l'assemblée générale, Mohamed Arezki Aït Ouazzou, président de l'UAFE, a fait une intervention où il a mis en exergue les principales préoccupations dee Algériens vivant à l'étranger. Texte intégral.
L’assemblée générale de l’UAFE (Union des Algériens en France et en Europe) est l’occasion de faire le point sur les actions qu’a menées notre association et passer en revue la situation de notre communauté établie en France. Ainsi, nous débattrons des principaux problèmes auxquels elle se trouve confrontée, notamment la situation de la jeunesse issue de l’émigration, la question des sans-papiers, les problèmes de droit et de justice tels que celui posé par la double peine.
La situation de l'émigration
La communauté algérienne
La communauté algérienne dont la présence en France remonte au début du siècle dernier est constituée essentiellement de familles avec une forte proportion de jeunes. Elle a contribué tout au long de son histoire à la construction et à l’essor économique du pays d’accueil. Aujourd’hui, en France et partout en Europe, la question de l’immigration est considérée comme l’un des défis majeurs que l’Union européenne devra relever en ce début de troisième millénaire. Tous les Etats qui s’appliquent à modifier leur législation sur l’immigration, ou à en définir une, s’accordent cependant sur le caractère structurel du phénomène. Si leurs politiques concordent sur le chapitre sécuritaire, il n’en va pas de même quant aux modalités de l’intégration de ces populations au sein des sociétés d’accueil.
A l’échelle européenne, les politiques menées à l’égard de l’immigration sont marquées par de nombreuses incohérences. En France, à titre d’exemple, l’action publique qu’alimente un discours prônant l’intégration fondée sur l’égalité des citoyens au sein de la République, et donc devant la loi, se trouve en réalité souvent contredite par un arsenal répressif dont l’arbitraire est vécu par notre communauté avec un grand sentiment d’injustice.
La double peine
L’une des injustices les plus flagrantes est lorsqu’une personne commet un délit. Si elle est de nationalité française, elle n’effectuera que la peine pour laquelle elle a été condamnée ; alors que si elle est de nationalité étrangère, elle peut faire l’objet d’une mesure d’expulsion du territoire, conséquence du régime de la double peine. Dans ces conditions, expulser une telle personne, c’est l’éloigner arbitrairement de sa famille, de ses enfants, tout simplement parce qu’elle est de nationalité étrangère.
Ce qui tient davantage du châtiment que de la justice, dont le rôle, en pays démocratique, est précisément de punir, et non de châtier. Un châtiment collectif, puisque ce sont tous les membres de la famille qui sont touchés, avec les traumatismes irréparables que ne manquerait pas de leur faire subir une telle séparation. Ce bannissement porte gravement atteinte au droit inaliénable de vivre en famille, reconnu par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales que le Gouvernement français a pourtant ratifiée.
Ce type d’incohérences, entre les intentions égalitaires affichées par le discours et les actions contradictoires qui les mettent en défaut, est particulièrement manifeste à l'égard de la jeunesse issue de l’émigration dont l’écrasante majorité est parquée dans des banlieues ghettos. Ayant pour seul horizon la grisaille du béton en friche de leurs cités désertées par les services publics, premières victimes de l’échec scolaire et du chômage, du racisme et du refus de leurs différences, certains jeunes ont le sentiment légitime d’être rejetés aux marges de la société, du seul fait de leur origine. Même lorsqu’ils ont fait l’effort d’étudier, souvent dans des conditions bien plus difficiles que les autres jeunes de même milieu social, malgré leurs diplômes et leurs compétences, ils subissent la discrimination à l’embauche.
Le modèle français "d'intégration"
Pourtant, contrairement au modèle anglo-saxon qui compose avec les communautés ethniques ou religieuses, le modèle français « d’intégration », laic, est censé ne considérer que les individus indépendamment de leurs origines. Les pouvoirs publics ne peuvent indéfiniment continuer à appliquer une politique discriminatoire dans son volet répressif et ignorer la dimension identitaire dans les modalités de l’intégration de ces populations. C’est ici que se révèlent les contradictions de la politique qui a été menée ces vingt dernières années, prétendument d’intégration républicaine, mais qui en réalité ne laisse qu’une seule alternative : l’assimilation forcée pour celui qui est différent ou la marginalisation avec son cortège de dérives et de désespoir.
Des réussites spectaculaires
C’est précisément ce que refusent les jeunes issus de l’émigration dont la grande majorité tend de plus en plus à adopter les normes qui régulent le comportement au sein de la société. Afin d’accéder aux marches supérieures de la hiérarchie sociale, ils investissent tous les secteurs de la vie économique et sociale. Alors que les politiques publiques réduisent bien souvent leur culture d’origine à un aspect archaïque et folklorique, les nombreux voyages vers l’Algérie chaque année et l’apprentissage de la langue arabe à l’école, en extra-scolaire ou dans les mosquées, témoignent s’il en est de leur volonté de ne pas se couper de leurs liens ancestraux.
Les interrogations sur l’intégration ne doivent cependant pas occulter quelques réussites spectaculaires. Elles sont d’autant plus méritoires que leurs auteurs ont dû puiser dans leurs dernières ressources la force de caractère pour franchir les innombrables obstacles sur lesquels ils auraient dû normalement trébucher. Les médias se font d’ailleurs régulièrement l’écho de l’ascension des jeunes issus de l’émigration parmi l’élite sportive mondiale, et dans les milieux artistiques et littéraires. Ils n’hésitent pas à affirmer publiquement l’attachement à leur racines et à leur identité, et rendre hommage à l’éducation et aux valeurs transmises par leurs parents et auxquelles ils attribuent souvent la vertu de leur avoir ouvert les portes du succès.
La frénésie sécuritaire
Plus largement, l’ensemble de ces phénomènes devraient interpeller les gouvernements européens pour sortir de l’impasse dans laquelle est en train de les mener la frénésie sécuritaire et répressive ambiante, consécutive à une situation internationale perçue comme menaçante, et dont les amalgames injustes entre immigration, insécurité et terrorisme, entretenus auprès de l’opinion publique, ne favorisent pas une voie harmonieuse à l’intégration des populations issues de l’émigration.
Compte tenu du poids de plus en plus important des populations issues de l’émigration dans tous les secteurs économiques, l’impatience de l’opinion publique, face aux atermoiements politiques et à la fluctuation des mesures prises par les pouvoirs publics à l’endroit de ces populations, peut conduire à un vote protestataire. L’immigration, désirée économiquement dans certains secteurs, est politiquement, socialement et culturellement mal acceptée, recluse dans les zones sensibles.
La réaction des jeunes au Stade de France
En France, en même temps qu’on multiplie les barrières qui maintiennent les populations issues de l’émigration dans un équilibre psychologique et social précaire, livrées à l’insécurité dont elles sont la cible privilégiée, à la périphérie de la citoyenneté, on reproche à ces mêmes populations de ne pas s’impliquer suffisamment dans le processus d’intégration.
On est alors outré d’entendre La Marseillaise sifflée au Stade de France par des jeunes, pour la plupart nés et ayant grandi en France, qui prennent le parti de l’équipe algérienne contre l’équipe championne du monde en titre. Au lieu de chercher à percer dans leur réalité quotidienne les raisons qui ont poussé ces jeunes à s’identifier au faible pour s’opposer à l’hégémonie du puissant, on préfère entretenir l’idée au sein de l’opinion qu’ils refusent de s’intégrer à la société. Cette réaction révèle en fait l’aveu d’un échec, celui de la politique d’assimilation.
Mais à travers l’Union européenne, selon la conception que chaque Etat se forme de la communauté nationale, le déploiement des politiques d’intégration s’opère de manière différente et divergente. Ces orientations contrastées, qui tendent de plus en plus à apporter une réponse répressive aux problèmes posés, ont d’importantes répercutions sur le droit de la nationalité, la participation à la vie nationale, l’étendue de la protection sociale, le programme éducatif. C’est toute la problématique des perspectives d’avenir de notre communauté qui reste entièrement posée.
La situation en Algérie
Il est inutile ici de rappeler le lien étroit qu’entretient avec son pays notre communauté, partie intégrante du peuple algérien, tant il est vrai qu’elle a vécu au rythme des souffrances qu’il a enduré durant cette dernière décennie de crise et de tragédie nationale.
Les changements intervenus à la tête de l’Etat en 1999 avaient suscité l’espoir de voir le pays sortir de la grave crise qu’il traverse depuis plusieurs années, par le rétablissement de la paix et la mise en œuvre d’une politique de redressement national. Une crise qui a mis un coup d’arrêt brutal au développement économique, provoqué la déliquescence politique et sociale et mis en péril la cohésion nationale.
Sortir le pays de la crise
Les maux que l’on croyait avoir vaincus en nous libérant de la domination coloniale ont en fait ressurgi avec une telle violence qu’il ont ébranlé l’unité du corps social au point de venir à bout de l’extraordinaire patience du peuple algérien. Le système politico-maffieux de destruction des valeurs se reproduit à l’infini et ne supporte pas la moindre organisation de la société capable de mettre en cause ses intérêts.
Les graves événements qui secouent plusieurs régions du pays depuis ces derniers mois, notamment en Kabylie, démontrent clairement que le règlement juste de ces problèmes ne relève pas seulement du bon vouloir ou de la capacité d’une ou de plusieurs personnes, fussent-elles courageuses et déterminées à mettre fin à la crise. Cela relève surtout de la prise de conscience et de la mobilisation des forces vives de la société algérienne dans toute sa diversité, pour prendre à bras le corps l’ensemble des problèmes nés de la crise et relever les défis du développement économique et du progrès social.
Sortir le pays de cette crise et des transitions interminables, passe non seulement par le respect des échéances politiques et des règles du jeu démocratique, mais aussi par une justice égale pour tous. Seul un projet résolument engagé à l’établissement d’un Etat de droit, respectueux des revendications légitimes de la population, est à même de rétablir la confiance du peuple en ses institutions, répondre aux attentes de la jeunesse qui en constitue l’écrasante majorité et assurer la sauvegarde de l’Etat national républicain.
L’UAFE et l’organisation du mouvement associatif
L’UAFE fédère plusieurs dizaines d’associations locales regroupant plus de quinze mille adhérents et couvrant l’ensemble du territoire français. Elle organise de multiples activités en direction de la communauté algérienne, que ce soit dans les domaines sociaux et culturels ou par des manifestations de solidarité. Ce qui a permis à l’Union des Algériens en France et en Europe de prendre part activement aux grands événements qui ont jalonné la vie de notre communauté et celle du pays.
Sans vouloir détailler ici l’ensemble des actions auxquelles nous avons pris part, la présence sur le terrain de nos associations a été souvent essentielle et déterminante. C’est là une vérité que personne ne peut nier. Bien que notre organisation ne bénéficie d’aucune subvention, elle a toujours assuré ses activités par le bénévolat de ces militants et grâce aux cotisations que lui reversent les associations membres pour faire face aux dépenses indispensables de fonctionnement.
Depuis les changements institutionnels intervenus en Algérie, la communauté algérienne ne dispose plus comme par le passé de représentation institutionnelle à même de défendre directement et de manière cohérente ses intérêts auprès des pouvoirs publics. L’absence d’organisations communautaires de dimension nationale fait que notre association reste l’une des principales organisations à faire face à ce vide politique, notamment en ce qui concerne le débat sur l’histoire de la Guerre d’Algérie.
L'institutionnalisation d'un organisme national
Notre communauté vit difficilement cette situation, résultat d’une décennie d’imprévoyance politique où les pratiques bureaucratiques le disputaient aux expériences sans lendemain, tel l’échec patent des assises de l’émigration organisées à Alger en 1995. Pourtant, nous n’avons cessé d’exhorter les autorités de notre pays à engager un débat ouvert avec le mouvement associatif dans toute sa diversité afin qu’il puisse dégager librement les grands axes de son rassemblement dans le respect de la pluralité des opinions et de la liberté d’initiative.
C’est dans cette perspective que des propositions ont été faites par notre organisation après les changements institutionnels intervenus en Algérie. Ces propositions portent sur la création d’un organisme national chargé de la communauté résidente à l’étranger ayant de larges prérogatives en termes d’élaboration, d’évaluation, de suivi et de coordination.
Cet organisme institutionnalisé regrouperait en son sein les représentants du mouvement associatif, des organes exécutifs de l’Etat et ceux de la Représentation parlementaire nationale. Il constituerait le cadre idoine pour débattre de toutes les questions de l’émigration et de la politique nationale en direction de la communauté algérienne établie à l’étranger.
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Débat général
Mettre un terme à une décennie de crise
Après l'exposé effectué par le président de l'UAFE, s'est engagé un long débat dont nous retraçons ici le déroulement. Synthèse des réponses apportées par M. M.-A. Aït Ouazzou aux différentes questions abordées lors de cette assemblée.
Déclaration finale de l'assemblée générale
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Monday, December 20, 2010
Algérie – Union européenne


Algérie – Union européenne : « Les projets de coopération avancent à un bon rythme », estime Mme Laura Baeza
Lors d’une rencontre, hier, avec la presse algérienne, l’ambassadrice, chef de délégation de la Commission européenne en Algérie, Mme Laura Baeza, a estimé que les relations entre l’Union européenne et l’Algérie ont connu cette année des moments forts avec notamment la tenue en juin dernier du 5e Conseil d’association qui a permis de faire le point sur l’état d’avancement de la coopération bilatérale
Lors d’une rencontre, hier, avec la presse algérienne, l’ambassadrice, chef de délégation de la Commission européenne en Algérie, Mme Laura Baeza, a estimé que les relations entre l’Union européenne et l’Algérie ont connu cette année des moments forts avec notamment la tenue en juin dernier du 5e Conseil d’association qui a permis de faire le point sur l’état d’avancement de la coopération bilatérale.
« Je peux vous dire que nos projets de coopération avancent à un bon rythme. Nos partenaires algériens des différents ministères sont satisfaits de notre collaboration et les rencontres entre les hauts fonctionnaires des deux parties se déroulent normalement », a-t-elle déclaré en soulignant notamment le récent déplacement d’une délégation de haut niveau de la direction générale commerce de l’UE à Alger.
Cette amélioration des relations entre les deux parties s’est même faite ressentir au niveau du grand public algérien à en croire un récent sondage effectué par l’Union européenne avec une majorité des sondés qui estime que l’Algérie entretient de bonnes relations avec l’UE et souhaite même leur renforcement. Le sondage ayant concerné l’ensemble des pays voisins de l’Union a été mené en Algérie auprès de 80 leaders d’opinion et 400 personnes issues du grand public qui ont jugé à 83% chez la première catégorie et à 87% pour la deuxième que les relations bilatérales sont au beau fixe.
Selon les résultats de l’enquête, l’implication de l’UE en Algérie est tout de même perçue très différemment par les deux groupes puisque les leaders d’opinion se montrent beaucoup plus sceptiques que le grand public.
Et dans le même cadre de coopération, Mme Baeza a estimé que la mise en œuvre du Service européen d’action extérieur (SEAE) devrait donner une plus grande cohérence et visibilité aux actions extérieures de l’UE à travers ses 130 délégations dont celle de l’Algérie.
Cette nouvelle institution accorde, annonce-t-elle, de nouvelles tâches pour les délégations dont les fonctions de coordination exercées par la présidence tournante de l’UE.
A une question sur la volonté exprimée par l’Algérie de réviser les préférences tarifaires de certains produits importés de l’UE, l’ambassadrice précise que l’accord d’association prévoit, après examen, la révision de la liste des produits en cas de difficultés avérées de la production nationale dans le secteur concerné.
Et de son avis, si l’Algérie souhaite réviser certains produits pour booster la production nationale, elle n’a aucun intérêt à se retirer de l’accord d’association.
Abondant sur le climat qui prévaut au sein de l’Union dans le sillage de la crise économique et financière qui a mis à mal certains Etats membres, la chef de la délégation se veut rassurante quant aux divergences apparues qu’elle met sur le dos de « fonds spéculatifs », appelés, note-t-elle, à respecter certaines normes strictes. Pour appuyer ses propos, elle prend à témoin la décision prise par les 27 de créer un futur mécanisme permanent pour préserver la stabilité financière de l’ensemble de la zone euro.
Hamida B.
Publié dans : Union européenne
Les Algériens veulent davantage de coopération avec l'UE


La majorité des Algériens estime que l'Union Européenne entretient de bonnes relations avec leur pays et une majorité souhaite également que l'UE joue un rôle plus important dans leur pays, selon un sondage réalisé dans le cadre d'un projet financé par l'UE. Pour la presque totalité des personnes interrogées, grand public (87%) ou "leaders d'opinion" (83%), les 27 ont de bonnes relations avec l'Algérie, selon ce sondage publié lundi dans la presse locale.
L'enquête, financée dans le cadre du programme régional d'information et de communication de l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) pour la période 2007-2010, révèle aussi que grand public et "leaders d'opinion" souhaitent que l'UE s'implique davantage dans le pays, surtout en matière de développement économique, d'environnement et d'enseignement.
Pour 70% des "leaders d'opinion" (responsables politiques, économiques, etc.) en Algérie, l'UE est susceptible d'apporter paix et stabilité dans leur pays et dans la région (80%). 45% des "leaders d'opinion" pensent que l'UE encourage la démocratie par sa politique (59% parmi le grand public). 46% des "leaders d'opinion" jugent l'implication de l'UE en Algérie adéquate (63% parmi le grand public).
L'enquête en Algérie a été réalisée auprès de 400 personnes issues du grand public et de près de 80 "leaders d'opinion". La date précise de l'enquête n'a pas été rendue publique sur le site Internet.
Sunday, December 19, 2010
Algérie :Mr François Hollande reçu par l'ancien président Mr Ben Bella

Arrivé mardi soir en Algérie pour un voyage de trois jours destiné à parfaire son image de présidentiable, François Hollande a été reçu mercredi après-midi par Ahmed Ben Bella, qui fut le premier président de l’Algérie lors de l’indépendance en 1962. Jamais jusque-là ce personnage historique de la dimension du sud-africain Nelson Mandela (qu’il avait d’ailleurs accueilli en Algérie pour s’entraîner militairement lorsque ce dernier conduisait la lutte clandestine contre le régime de l’Apartheid) n’avait invité officiellement un dirigeant politique français.
A 16 heures, lorsque la délégation française de l’ancien Premier secrétaire du PS se présente devant les grilles de la villa El Menzel, sur les hauteurs d’Alger, Mahdia, la fille de Ben Bella guide son père par le bras jusqu’à son hôte. Les deux hommes se saluent chaleureusement. François Hollande doit cet honneur à sa bonne connaissance de l’Algérie (il a passé huit mois à l’ambassade de France à Alger à sa sortie de l’Ena) et aux relations suivies qu’il s’est attaché à restaurer et à entretenir avec le FLN lorsqu’il était patron du PS.
En pré campagne pour les primaires du PS, Hollande marque ainsi des points. A 93 ans, le vieux dirigeant algérien qui le reçoit évoque ses souvenirs. «J’aime la France, nous sommes trop proches pour que cela ne m’intéresse pas», avoue Ben Bella. Avant d’être le héros de la guerre de l’indépendance de l’Algérie, l’homme fut aussi décoré par le général de Gaulle pour sa participation à la bataille de Monte Cassino en Italie en 1944. Détail moins connu, Ben Bella fut aussi un remarquable joueur dans l’équipe professionnelle de l’OM. «Oui, vous étiez milieu de terrain», le relance François Hollande passionné de football. Réhabilité tardivement par le président Abdelaziz Bouteflika, Ben Bella (qui fut renversé en 1965 et maintenu en captivité pendant 14 ans), s’est vu confié récemment la présidence d’une commission des Sages en vue de la célébration en 2012 du 50e anniversaire de l’indépendance algérienne. «Je suis le président de cette commission des Sages, même si je n’ai pas été sage toute ma vie», sourit Ben Bella. Impressionné, François Hollande glisse après la fin de cette heure d’entretien: «C’est toujours émouvant de voir l’Histoire, et Ben Bella c’est l’histoire.»
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L’envolée extraordinaire du management en Algérie

BONNE GOUVERNANCE
L’envolée extraordinaire du management en Algérie
Par : S. B
La mise à niveau des entreprises en Algérie se cherche encore en dépit des tentatives plus moins réussies menées dans le cadre de la relance économique.
Pour la généraliser et surtout lui garantir une plus grande chance de succès, les experts préconisent la prise en charge du volet ressources humaines à travers la formation de haut niveau de cadres au même titre que celles enseignées dans les grandes écoles de management et de gestion de par le monde. C’est ce qui ressort des travaux et débats de la journée d’information sur la mise à niveau des entreprises et les nouvelles techniques de management, tenue à l’hôtel militaire de Blida en présence des chefs d’entreprise et responsables des ressources humaines, à l’initiative de l’Insim (Institut International de management) qui vient d’ouvrir une antenne à Blida en partenariat avec le groupe Sim dans le but de prendre en charge les besoins locaux..
Le processus de généralisation de l’enseignement de qualité a fait des progrès extraordinaires dans de nombreux pays, notamment du sud-est asiatique et du Golfe. L’importance accordée au volet ressources humaines et la formation de haut niveau est pour beaucoup derrière le boom économique de ces pays, explique l’expert international en management M. Abdelhak Lamiri, enseignant à l’université d’Harvard et consultant d’institutions internationales pour les programmes d’aide aux pays en développement. Il cite à titre illustratif, la Chine qui fait sortir plus de promotions sur place, de diplômés portant le cachet de l’université d’Harvard que celles accordées par l’université elle-même aux USA. Il révéla que des pays africains comme le Mali pourtant, moins pourvus que l’Algérie, ont réussi à mettre sur place un système de formation de haut niveau grâce au concours d’aide. Sur ce plan, l’Algérie, qui table pour une croissance économique assez forte dans les prochaines années, ne doit pas être à l’écart de ce qui se fait ailleurs. Pour cela, elle a de grands atouts pour combler le vide et rattraper le retard.
Quand Harvard, Québec et Paris s'invitent chez nous
Chose qui était impensable, il y a quelques années, devient à portée de main aujourd’hui avec les ouvertures des instituts et des écoles en Algérie dispensant des enseignements de qualité en étant agréés par des universités de renommée dans les pays occidentaux de France, de Grande-Bretagne, de Canada et des USA à l’exemple de l’Insim. Beaucoup de responsables chargées des ressources humaines et de chefs d’entreprise ne savent pas qu’ils peuvent décrocher cette opportunité et faire en profiter leurs cadres. Dans le temps, l’Algérie accordait des bourses à coup de millions de dollars pour offrir des formations à de chanceux étudiants dans le but d’alimenter les entreprises en cadres supérieurs, mais étaient nombreux ceux qui ne revenaient pas. Maintenant la tendance commence à s'inverser. Avec l’ouverture, aujourd’hui, il devient en effet possible de bénéficier de la formation de même niveau et surtout de la même reconnaissance tout en étant sur place avec des économies de temps et d’argent à l’État et aux étudiants. Ces derniers économisent surtout l’éloignement et le dépaysement. Les études pour un master retiennent à plus de 10 000 dollars à l’étranger en plus d’autres désagréments, alors qu’ils ne coûtent que 2000 dollars sur place pour le même diplôme. Des entreprises ont cependant pris acte de cette opportunité à l’image des groupes Cevital ou du groupe Sim, surtout dans la région de la Mitidja en investissant énormément dans le développement des ressources humaines. Les patrons d'entreprises performantes sont souvent sollicités pour animer des conférences sur l'importance du management dans le montage et la gestion des entreprises.
La bataille actuelle et future
Le débat s'il y en a un n'est pas uniquement sur le terrain de la formation et de la pratique. Il est surtout sur le plan des idées et des nouvelles orientations de par le monde sur la recherche et la maîtrise des meilleures approches et des techniques les plus performantes en partant de la conviction que l'ouverture et l'entrée dans l'économie de marché ne se décrètent pas sur papier sans être suivies par la préparation des cadres et chefs d'entreprise selon le nouveau mode de pensée, de comportement et de conduite. Le risque d'entreprendre, l'expérience et la bonne gestion, les éléments de base de l'économie de marché ont été pendant longtemps, nous explique un chercheur,, négligés chez nous pour des considérations “socialisantes” aussi bien en pratique qu'en théorie. Si bien que le déficit en management hérité est difficilement effaçable. Il fallait repartir à zéro. En moins de vingt années, les instituts de management privés ont progressé rapidement en passant à une vitesse supérieure pour se charger de la formation en management, devenu le dada des débats des séminaires pour la valorisation des ressources humaines. Le monde de la recherche, de l'enseignement et celui de l'entreprise ont compris le message. Pour investir et bien gérer et pouvoir surtout prospérer et avoir sa place dans le marché tant intérieur qu'extérieur, il faut bien gérer et donc être doté de gens compétents. C'est la bataille actuelle et future. Des professeurs formés à l'école libérale, hier décriée, haïe et chassée, reliés par des penseurs et spécialistes reconvertis ou émergeants parmi les jeunes en essayant de mieux s'adapter au contexte nouveau, se redéployent de plus en plus pour renforcer cette tendance.
Nouvelle génération
de chercheurs
Il faut rendre hommage, notamment aux écrits de la part de notre nouvelle armada de penseurs du calibre de Benbitour, Boukrami, Lamiri et tant d'autres pour mettre en exergue les capacités nationales et le développement de l'engineering local en ouvrant la voie aux jeunes entreprenants. On a parlé de Nobel pour la paix et la littérature de chez nous. Le moment est venu de proposer des noms algériens dans le domaine de la recherche des sciences sociales et en particulier de l'économie. Les efforts de nos économistes et opérateurs dans la bataille de l'émergence et de la croissance de développement ne sont pas vains car c'est dans les pays en voie de développement que l'on peut mesurer le sens de la conjugaison de la théorie à la pratique d'autant plus qu'ils affrontent un environnement difficile avec des mentalités hostiles et des besoins immenses. Le professeur Benzina de l'université de Blida a salué l'orientation nouvelle et la place que doit occuper le management dans l'enseignement supérieur en soulignant l'intérêt grandissant de l'université qui ne veut pas demeurer à l'écart malgré le poids des réticences et le refus de s'ouvrir, Sur ce plan, nos universités accusent un retard important, d'abord pour faire leurs lessives et ensuite pour se préparer aux nouvelles exigences d'enseignement. Les opérateurs et les chefs d'entreprise qui ont été nombreux à la rencontre de Blida, vu le thème proposé et les débats qui ont suivi, ont eu leur mot à dire en voyant comme un ballon d'oxygène au secours des entreprises qui en ce moment traversent des moments difficiles pour se niveler et pouvoir se placer dans un contexte national et international plein de turbulences et des surprises. C'est le président du groupe Moula (Vénus) qui s'est félicité de l'ouverture de l'antenne de l'Insim à Blida, fruit de partenariat avec le groupe Sim en étant proche du pôle industriel de la Mitidja, Le monde civil et libéral voit aussi de bon œil cette option. Intervenant dans les débats, maître Farouk Ksentini, président de la Commission des droits de l'homme, a salué lui aussi ces initiatives de valorisation et de développement des ressources humaines en voyant un moyen efficace dans la promotion du cadre et partant de l'homme en Algérie.
Ouverture et démocratisation : l'exemple de l'Insim
Créé en 1994 à Hydra (Alger) par un groupe d’enseignants chercheurs, l’Institut international de management, Insim, est l’un des premiers établissements privés de formation en Algérie. Devenu leader de la formation en Algérie, l’Insim avec sa filiale Himi, s’est fixé pour mission de préparer des futurs managers à des postes de responsabilité aux fonctions des entreprises. L’Insim a formé depuis sa création 30 000 étudiants dans les différents domaines de management. Il compte plus de 9 000 étudiants en cours de formation. C'est l'équivalent presque d'une université. C'est de fait une forme de privatisation de l'enseignement supérieur sans dire son nom en étant directement attachés aux programmes des grands instituts et universités avec des diplômes certifiés, alors que la quasi-totalité de nos universités ne sont pas homologuées. Celles-ci fautes d'ouverture et d'adaptation figurent à la traîne des universités, y compris de pays moins développés et moins riches. C'est dire que ce n'est pas la richesse qui crée les idées, conditions sin qua non à la création de la richesse et de la croissance économique et de la promotion de l'homme. Il reste à mieux démocratiser cet enseignement privé concernant le management encore accessible aux fils de riches et de familles nanties. Le directeur de l'Insim de Blida répond que pour les cycles supérieurs spécialisés, beaucoup d'efforts ont été consentis, réduisant le montant global d'un cycle de formation de plus de 80 millions de centimes à moins de 30 millions grâce à une politique de démocratisation en jouant sur le nombre d'antennes ouvertes, plus d'une dizaine à l'échelle nationale en se rapprochant des cadres et des jeunes et des entreprises et également grâce aux avantages des aides indirectes de l'État par la disposition des aides à la formation avec exonération d'impôts. Les entreprises peuvent à travers ces aides bénéficier les cadres les plus méritants et qui souvent sont nécessiteux. Tout le monde y gagne. Autres temps, autres mœurs. Qui l'aurait cru?
Saturday, December 18, 2010
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