Thursday, October 06, 2011
Sunday, October 02, 2011
Algerie Forum d’affaires russo-algérien à Alger
Portail Algérien des ÉNERGIES RENOUVELABLES
Le forum d’affaires russo-algérien ainsi que la deuxième exposition de produits et services russes se tiendront à Alger du 11 au 17 Octobre 2011. L’exposition est organisée par le Conseil d’affaires russo-arabe, SARL Arabia-EXPO avec le soutien de la Chambre de commerce et d’industrie de la Russie, le Ministère des affaires étrangères russe, le Ministère des communications russe, l’association des constructeurs de la Russie, la Chambre de commerce de l’Algérie et Ministère de l’Industrie et du Commerce de l’Algérie..L’événement est organisé avec la perspective de développer ultérieurement la coopération d’établir les échanges directs et les relations économiques avec le gouvernement, les organisations financières et industrielles et les entreprises, de développer les relations culturelles entre la Russie, l’Algérie et d’autres pays d’Afrique du Nord..
L’exposition sera l’occasion pour discuter des questions de la coopération dans divers domaines lors des ateliers thématiques et rencontres "B to B" prévues dans le cadre du forum. Le BTP, les hydrocarbures, la construction mécanique et les énergies renouvelables domineront l’exposition.
Thursday, September 29, 2011
UE BruxellesTunisie
L'Union européenne (UE) a alloué une aide de 157 millions d'euros à la Tunisie pour l'aider à relancer son économie et son agriculture, annonce Bruxelles jeudi dans un communiqué.
L'accord sera signé dans la journée à l'occasion de la visite à Tunis de Catherine Ashton, la représentante de la diplomatie de l'UE.
L'économie tunisienne peine à redémarrer depuis le renversement du président Zine Ben Ali en janvier, à l'issue d'une révolte populaire.
Communiqué en anglais de l'UE : http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/1137&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en
L'économie tunisienne peine à redémarrer depuis le renversement du président Zine Ben Ali en janvier, à l'issue d'une révolte populaire.
Communiqué en anglais de l'UE : http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/1137&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en
Sunday, September 25, 2011
Jeunes filles dans la migration" : mieux comprendre une réalité peu visible
Madame Tokia SAÏFI a présidé le 21 septembre dernier une table ronde sur les facteurs de la migration des filles dans le cadre de l'audition "Jeunes filles dans la migration - Victimes collatérales ou actrices d'un monde en marche?", organisée à l'initiative de la députée européenne Madame Véronique MATHIEU.
En introduction, elle a souligné deux points essentiels : que la migration relève rarement d'un choix et que les filles sont soumises à plus de pressions et plus de dangers.
Cette audition, qui a réuni des migrantes, des chercheurs, des membres de la Commission européenne et des ONG, a permis une véritable réflexion sur les facteurs déclencheurs de la migration, afin d’améliorer les conditions de migration, mais aussi de permettre aux jeunes filles de réussir leur migration quand celle-ci est inévitable.
Friday, September 23, 2011
Président de la République Michel Joseph Martelly Mr George Soros.économie Haïti
Le Président de la République Michel Joseph Martelly, a eu une réunion de travail dans l'après-midi du mardi 20 septembre 2011, avec le célèbre homme d'affaires et philanthrope Mr George Soros. L'annonce a été faite par le bureau de communication de la présidence, dans un communiqué.
Selon le communiqué la rencontre entre les deux hommes s'inscrit dans le cadre de l'effort constant du chef de l'Etat en vue d'attirer des investissements importants en Haïti et aboutir à une relance de l'économie nationale.
Wednesday, September 21, 2011
Google Maps Google+
Monday, September 19, 2011
Mr Emmanuel Martin faciliter le climat des affaires
Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Emmanuel Martin, docteur en économie et directeur du projet «Un monde libre», propose des pistes très pertinentes et donne des clés permettant de faire sortir l’Algérie de la rente pétrolière et de bâtir une économie performante. Il affirme notamment que l’Algérie gagnerait à «conditionner l’octroi des contrats d’importation au transfert des technologies».
-L’économie algérienne dépend à 98% de la rente liée aux exportations des hydrocarbures. Or, pour produire autre chose que du pétrole et du gaz, l’Algérie a besoin d’importer le savoir-faire technologique des pays développés. Quels sont les moyens capables de permettre un tel transfert de technologie ?
Effectivement, la sortie de l’économie de la rente exige de l’Algérie la diversification de ses activités productives, laquelle est impossible sans savoir-faire technologique approprié. Mais alors que les autres pays conditionnent leurs contrats à des transferts de technologie et de savoir-faire, l’Algérie multipliait les importations et les contrats avec les pays étrangers sans aucune condition. Donc, s’il n’y a pas eu transfert technologique, c’est principalement à cause du manque de vision et d’organisation des responsables.
Désormais, l’Algérie ne doit plus importer de maisons, de ponts, de machines, de voitures, sans se poser la question de savoir quelle est la part de transfert dont il est possible de bénéficier.
Pour profiter du transfert technologique, plusieurs pistes s’offrent à l’Algérie, principalement, l’Algérie pourrait compter sur l’investissement étranger pour faciliter le transfert de compétences et du savoir-faire technologique. Outre les investissements directs étrangers, le capital investissement est une formule appropriée pour atteindre cet objectif dans la mesure où les investisseurs dans cette formule ne se contentent pas d’apporter uniquement leurs fonds, mais participent, par leur expertise et leur savoir-faire technologique, à la gestion active des entreprises dans lesquelles ils ont apporté leurs fonds. Pour ce faire, les responsables algériens ont intérêt à rendre plus attractif l’environnement de l’investissement qui reste hostile (l’Algérie occupe la 136e sur 183 pays dans le classement Doing Business 2011) pour attirer des investissements autres que ceux visant l’exploitation des hydrocarbures.
Une deuxième piste intéressante est de suivre le modèle asiatique en général et chinois en particulier. En jouant sur le montant mirobolant de ses contrats, la Chine imposait toujours à ses fournisseurs le transfert technologique. De ce fait, la Chine a développé des réserves d’engineering leur permettant de faire le chemin inverse, (reverse engineering), en d’autres termes, reconstituer la machine ou l’équipement livré afin d’examiner les moyens de la réaliser tout ou en partie. L’Algérie pourrait suivre le même modèle grâce à ses ressources financières (l’enveloppe de 248 milliards de dollars prévue dans le cadre du programme quinquennal fait du marché algérien un marché particulièrement attractif).
Récemment, il semble que l’Algérie a compris cette nécessité. En témoigne le fait qu’elle va imposer de plus en plus la condition de transfert de technologie pour les futurs investissements étrangers dans le domaine de l’énergie, des technologies militaires. Cela dit, la technologie empruntée est indissociable du système capitaliste dans lequel elle a été conçue et développée. Pour que cela donne ses fruits, il est nécessaire que le transfert technologique soit accompagné de la modernisation du système productif et des modes de management pour aboutir à la construction d’un vrai système industriel national.
-Pouvez-vous être plus explicite…
Il ne faut pas oublier que la transmission des connaissances et du savoir-faire de la recherche académique vers le secteur productif est primordiale dans le processus de transfert technologique. Il devient alors impératif de disposer de structures pour accueillir et promouvoir le savoir-faire technologique.A ce titre, il est frustrant de constater que même le grand projet de la zone industrielle de Sidi Abdellah qui devait être la ASV «Algerian Silicon Valley» est encore bloqué 6 ans après son lancement. Ainsi, il est primordial de mettre en place une politique effective de la promotion de la recherche fondamentale et appliquée.
L’Etat pourrait dans un premier temps donner l’exemple en soutenant les laboratoires de recherche, mais ce serait comme incubateur. Il doit juste monter la voie au secteur privé, s’associer avec ce dernier pour minimiser les risques au début. En valorisant les brevets, la collaboration avec les laboratoires et les universités, nul doute que le transfert technologique sera grandement facilité. Aussi la valorisation de la recherche académique est indispensable à travers la promotion des manifestations académiques (congrès, colloques..), le recrutement par les entreprises de cadres et de spécialistes des différentes technologies. Mais aussi par la sécurisation des droits de propriété intellectuelle pour inciter à l’innovation technologique.
C’est grâce à cela, que les petites compagnies de la Silicon Valley ont joué un rôle moteur dans la création, l’innovation, le développement technologique des Etats-Unis.Enfin, la diaspora avec toutes les compétences dont elle regorge, des techniciens jusqu’aux entrepreneurs, en passant par les cadres et les chercheurs toutes spécialités confondues, pourrait jouer un rôle déterminant si on l’incite à le faire, notamment via les investissements. Malheureusement, l’argent de la diaspora va en majorité à soutenir la consommation et quand il est investi, c’est dans l’immobilier, des cafés, des projets à faible valeur ajoutée et à rentabilité rapide, car l’environnement des affaires n’est pas propice à des investissements productifs à long terme.
-L’économie algérienne est fortement pénalisée par la mauvaise qualité de la formation à tous les échelons. Comment faire pour améliorer la qualité de l’enseignement au sein de l’université et dans les centres de formation algériens ?
Si l’Etat algérien a réussi plus ou moins le pari de la quantité (augmentation taux de scolarisation, de féminisation, de l’encadrement...), force est de constater qu’il a échoué dans sa politique de refonte du système éducatif pour en améliorer sa qualité (forte déperdition scolaire, taux d’insertion des diplômés…). Cela s’explique, d’une part, par la gestion bureaucratique et hypercentralisée avec ses effets pervers sur les incitations de tous les acteurs, de l’élève jusqu’aux officiels, en passant par les enseignants et, d’autre part, par l’incapacité d’une approche de l’enseignement «par l’offre», à répondre aux attentes de l’économie algérienne. D’où la nécessité de changer de système (dénationalisation), mais aussi d’approche (se tourner vers la demande).
Concernant le premier volet, et devant l’afflux massif des candidats, il est clair que lorsque l’on attribue la mission de l’enseignement uniquement à l’Etat, les établissements publics, notamment les universités, ne peuvent que gérer le quantitatif au détriment du qualitatif. Laisser plus de place au secteur privé pour investir dans l’enseignement permettra de décharger l’Etat de beaucoup de poids et de dégager plus de ressources financières et humaines pour se concentrer sur le qualitatif puisque prenant en charge un effectif plus réduit. Cela instaurera une division de travail entre les établissements publics et les établissements privés, mais aussi une concurrence entre les deux, ce qui va inciter tous les intervenants à améliorer leur rendement, à trouver des solutions innovantes, ce qui ne peut qu’augmenter la qualité de l’enseignement.
La diversification de l’offre éducative via l’investissement privé, en respectant des règles de performance strictes, est le seul moyen de concilier l’explosion des effectifs et qualité de formation. Le partage du marché entre le public et le privé permettra de résoudre aussi les problèmes logistiques (insuffisance des ressources bibliographiques, du matériel didactique, les NTIC) liés au sureffectif, mais aussi les problèmes de motivation des enseignants qui sont contraints de diversifier leurs sources de revenu au détriment de leur assiduité et leur implication dans l’effort d’amélioration de la qualité de l’enseignement.
Pour ce qui est du deuxième volet, depuis l’indépendance de l’Algérie, les réformateurs se sont inscrits dans une seule logique : on offre des programmes éducatifs et c’est à la demande, élèves et étudiants, de s’adapter. Cette approche a montré ses limites au regard de l’inadéquation flagrante entre les profils formés et les emplois disponibles sur le marché du travail, avec le chômage endémique que l’on connait. Dans un contexte de mondialisation caractérisé par l’exacerbation de la concurrence dans tous les domaines, le capital humain est un avantage comparatif certain. Dès lors, il faut définir l’offre éducative en fonction de la demande. Et le meilleur moyen de répondre à cette demande est de permettre non seulement aux entreprises privées de contribuer à l’offre, mais aussi de donner la liberté de choix à la demande. Il faut donner aux Algériens la liberté de choisir l’établissement qui répond le mieux à leurs exigences et aspirations. La meilleure façon de mettre en place cette liberté est le système du chèque-éducation.
En effet, en redonnant à l’élève et à la famille la liberté de choix de son école, on oblige les établissements à adapter leur offre éducative à la demande. Ce système accroît ainsi nettement la responsabilisation des chefs d’établissement pour qu’ils rendent des comptes sur leurs politiques pédagogiques, le recrutement de l’équipe pédagogique et les résultats scolaires. Sans parler de l’émulation créée entre les différents établissements pour améliorer la qualité de l’offre et devenir ainsi responsables directement devant les parents d’élèves. Ce système a déjà fait ses preuves aussi bien dans des pays développés (USA, Pays-Bas, Finlande, Grande-Bretagne) que ceux qui sont encore en voie de développement (Chili, Colombie, Thaïlande, Philippines) sans parler des émergents (Inde). Pourquoi pas l’Algérie ? En l’absence de motivation ou de responsabilité devant les parents, offrant un enseignement inadapté et de mauvaise qualité, le système public offre le droit uniquement à la scolarisation, mais le système chèque-éducation offre aux Algériens un droit à l’éducation.
-Pour diversifier l’économie algérienne, quels sont les créneaux d’investissement porteurs et susceptibles de tirer vers le haut la croissance hors hydrocarbures et créer des emplois durables ?
L’économiste ne peut prévoir le succès de tel ou tel créneau ou secteur, à moins de retomber dans la planification centralisée, qui donne ce que l’on sait. A l’inverse, l’aspect qui importe de manière primordiale porte sur les conditions institutionnelles qui permettront à des entrepreneurs de saisir des opportunités, de développer des créneaux, car ce sont les entrepreneurs sur le terrain qui ont la connaissance nécessaire pour déterminer le potentiel de rentabilité de tel ou tel créneau possible. Ce sont eux qui «tirent» la croissance réelle et pérenne, celle fondée sur la division progressive du travail (et non une croissance venant simplement et uniquement de la retombée des revenus de l’extraction des ressources naturelles). Il faut donc faciliter la tâche aux entrepreneurs.
Pour prendre une analogie biologique, on ne peut rien faire pousser sur des cailloux : pour que quelque chose pousse, il faut un bon terreau, et on verra ensuite ce qu’il y pousse dessus – mais il y poussera quelque chose. C’est un peu la même chose en économie : faisons en sorte de disposer d’un bon terreau institutionnel, et les entrepreneurs se chargeront de faire pousser l’économie, mais on ne sait pas encore quels secteurs. L’Algérie possède-t-elle un bon terreau ? De nombreux analystes en doutent. Du côté des infrastructures physiques des efforts importants ont été faits. Mais du côté de l’infrastructure «institutionnelle», beaucoup reste à faire.
Les indicateurs de liberté économique, qui reflètent assez bien la qualité institutionnelle d’une nation, permettent de cerner les progrès à réaliser en matière de terreau institutionnel. L’indicateur du Wall Street Journal et de l’Heritage Foundation place l’Algérie à la 132e place mondiale et 14e dans la région. Une bureaucratie complexe, étouffante, qui ne cherche pas à promouvoir l’entrepreneuriat, couplée à une corruption perçue comme encore très répandue (Transparency International place le pays à la 105e place) étouffent le potentiel entrepreneurial et donc le potentiel de croissance.
Dans le rapport Doing Business, l’Algérie est placée 136e (et 150e en matière de lancement d’entreprise), avec une fiscalité représentant 72% sur le profit (pour un faible retour en termes de services publics). L’incitation à entreprendre dans le secteur formel n’est pas là. L’Algérie doit réformer son administration et instaurer un Etat de droit pour faciliter le climat des affaires, et donc la croissance et le développement : les «créneaux» émergeront d’eux-mêmes.
-Que pensez-vous du récent plan lancé par le gouvernement algérien visant à développer les énergies renouvelables ? Le projet porté par la fondation Dersertec est-il intéressant pour l’Algérie ?
Ce projet rassemblant une soixantaine de sites (centrales de solaires thermiques, photovoltaïques, fermes éoliennes, centrales hybrides) d’ici à 2030 pour générer 22 000 mégawatts semble effectivement ambitieux. Il contribuerait à améliorer l’infrastructure énergétique du pays puisque seuls 10 000 mégawatts seraient exportés, le reste bénéficiera aux Algériens. Le gouvernement algérien semble ouvert à toutes les bonnes volontés internationales, ce qui me semble être une bonne chose : en maintenant une sorte de concurrence, on évite les «contrats-monopoles» qui peuvent finir par coûter très cher. Même dans le domaine de l’énergie, où la substituabilité sur un projet est presque impossible, il paraît important de vouloir diversifier les projets. De même, vouloir tester les différentes technologies dans les conditions locales paraît une sage décision.
Cependant, plusieurs points peuvent être problématiques. En premier lieu, même s’il a été fait mention de l’ouverture, le projet est aussi censé être «algérien», puisque l’effet recherché est aussi de générer une intégration locale de la branche, en privilégiant la sous-traitance locale et la recherche fournies par des universités algériennes. L’objectif est aussi de créer 100 000 emplois locaux. Si, bien sûr, on souhaite à l’Algérie de développer la branche, il ne faudrait pas non plus tomber dans le piège de la «substitution aux importations» qui a toujours entraîné des échecs par le passé. En effet, on ne peut s’improviser spécialiste sur des technologies de ce type.
Ensuite, dans un environnement des affaires qui est problématique comme nous l’avons relevé plus tôt (et la recherche universitaire est connectée aux entreprises dans ce type de domaine – elle dépend donc elle aussi indirectement du climat des affaires), ce genre de politique du «local à tout prix» pourrait s’avérer catastrophique, avec accumulation de délais, de malfaçons, etc. D’autant que ce type de projet nécessite à la fois une organisation solide et une flexibilité pour parer aux imprévus et adapter les solutions. Cette souplesse ne sera pas vraisemblablement permise si l’environnement des affaires est un carcan. Les projets ne seraient alors pas finis et les 120 milliards de dollars d’investissement prévus finiraient par être gaspillés.
Par ailleurs, mettre en place des programmes de recherche universitaire est long et coûteux, d’autant que même si les projets s’étalent sur une vingtaine d’années, ils seront lancés d’ici peu : les ingénieurs sont-ils prêts, formés, opérationnels et motivés ? Les subventions à la recherche vont-elles automatiquement entraîner une recherche productive ? Qui contrôlera les chercheurs ? Les subventions de recherche seront-elles correctement allouées et utilisées de manière optimale ? Il faut à tout prix mettre en place un système d’incitations qui empêche la bureaucratisation de la recherche et donc sa contre-productivité.
Ce n’est pas toujours simple, d’autant qu’il est prévu de passer par diverses agences, ce qui pose typiquement un problème de coordination, des luttes pour les budgets etc., ce qui entraine généralement une surconsommation des ressources budgétaires mais des objectifs rarement atteints. Il en va de même avec les entreprises qui récupèreront la manne des subventions : le risque de «bulle» verte est grand. On l’a bien vu en France, et le gouvernement est revenu en arrière (mais également parce qu’il entendait redynamiser le nucléaire, avant Fukushima, d’où d’ailleurs sa promotion de plans de «justice climatique», qui n’avait sans doute pas grand-chose à voir avec la lutte contre le réchauffement climatique mais davantage avec la promotion – implicite - du nucléaire français).
Enfin un élément important, souvent oublié, d’une politique énergétique, est de ne pas tabler (comme cela est fait depuis des décennies partout dans le monde par «nationalisme énergétique») sur de grands projets de production, du «collectif», mais aussi sur un marché de la microproduction. Malheureusement, ce dernier pouvant entrer en concurrence avec les grands projets publics, il est généralement étouffé (et ce, d’autant plus quand le climat des affaires est délétère). Partant, pas d’innovation, et donc pas de concurrence et de baisse des prix de ce côté-là et c’est bien dommage.
L’Algérie a tergiversé sur Desertec. Sans doute par nationalisme énergétique là aussi (comme d’autres nations de l’autre côté de la Méditerranée !) ? Ou du fait que le projet, essentiellement allemand, puisse paraître comme «néocolonial» comme on pouvait l’entendre dire il y a quelque temps ? Ou encore parce que Desertec est un réseau d’interconnexions entre pays, cassant ainsi les frontières toujours «rigides» au Maghreb ? Toujours est-il que ce projet amènera de l’investissement étranger, du savoir-faire, des compétences, des erreurs desquelles apprendre… et de l’énergie. Le coût du solaire est encore largement supérieur au nucléaire, mais les spécialistes sont assez optimistes sur les économies d’échelle, et donc les baisses de coûts avec le développement du secteur. Et l’impact environnemental est logiquement moindre. Tout projet d’investissement est un pari…
-L’Algérie a-t-elle une bonne politique de placement de ses réserves financières à l’étranger ? Le gouvernement peut-il mieux faire pour fructifier l’argent du pétrole et du gaz ?
Le débat autour du placement des réserves algériennes a fait couler beaucoup d’encre. Les placements à 98% en dettes souveraines américaines et européennes peuvent paraître, a priori, peu judicieux en ce moment. Pour autant, les informations fournies par les autorités algériennes n’étant pas précises, il est difficile dans ces conditions de juger. De quels pays européens s’agit-il ? Certains pays européens ne posent pas un réel problème. De quels types de titres ?, etc. Je ne me risquerais pas à porter un jugement à l’aveugle. Ensuite, dans le contexte actuel de crise prononcée, bien malin qui pourrait conseiller sans risque le gouvernement algérien sur une stratégie optimale de placement.
Cela dit, on pourrait imaginer qu’une stratégie de diversification serait la bienvenue, surtout en s’éloignant de l’Occident. On parle beaucoup des Brics, mais il faut rester prudent : beaucoup d’investissements s’y sont déjà lancés et on pourrait être au sommet de la vague. Il faut notamment se méfier de la bulle immobilière et de la surchauffe dans l’empire du milieu. Il y a des opportunités dans des pays en plein essor, hors Brics. Il faut s’assurer que le gouvernement algérien est bien conseillé en la matière. ELWATAN
Effectivement, la sortie de l’économie de la rente exige de l’Algérie la diversification de ses activités productives, laquelle est impossible sans savoir-faire technologique approprié. Mais alors que les autres pays conditionnent leurs contrats à des transferts de technologie et de savoir-faire, l’Algérie multipliait les importations et les contrats avec les pays étrangers sans aucune condition. Donc, s’il n’y a pas eu transfert technologique, c’est principalement à cause du manque de vision et d’organisation des responsables.
Désormais, l’Algérie ne doit plus importer de maisons, de ponts, de machines, de voitures, sans se poser la question de savoir quelle est la part de transfert dont il est possible de bénéficier.
Pour profiter du transfert technologique, plusieurs pistes s’offrent à l’Algérie, principalement, l’Algérie pourrait compter sur l’investissement étranger pour faciliter le transfert de compétences et du savoir-faire technologique. Outre les investissements directs étrangers, le capital investissement est une formule appropriée pour atteindre cet objectif dans la mesure où les investisseurs dans cette formule ne se contentent pas d’apporter uniquement leurs fonds, mais participent, par leur expertise et leur savoir-faire technologique, à la gestion active des entreprises dans lesquelles ils ont apporté leurs fonds. Pour ce faire, les responsables algériens ont intérêt à rendre plus attractif l’environnement de l’investissement qui reste hostile (l’Algérie occupe la 136e sur 183 pays dans le classement Doing Business 2011) pour attirer des investissements autres que ceux visant l’exploitation des hydrocarbures.
Une deuxième piste intéressante est de suivre le modèle asiatique en général et chinois en particulier. En jouant sur le montant mirobolant de ses contrats, la Chine imposait toujours à ses fournisseurs le transfert technologique. De ce fait, la Chine a développé des réserves d’engineering leur permettant de faire le chemin inverse, (reverse engineering), en d’autres termes, reconstituer la machine ou l’équipement livré afin d’examiner les moyens de la réaliser tout ou en partie. L’Algérie pourrait suivre le même modèle grâce à ses ressources financières (l’enveloppe de 248 milliards de dollars prévue dans le cadre du programme quinquennal fait du marché algérien un marché particulièrement attractif).
Récemment, il semble que l’Algérie a compris cette nécessité. En témoigne le fait qu’elle va imposer de plus en plus la condition de transfert de technologie pour les futurs investissements étrangers dans le domaine de l’énergie, des technologies militaires. Cela dit, la technologie empruntée est indissociable du système capitaliste dans lequel elle a été conçue et développée. Pour que cela donne ses fruits, il est nécessaire que le transfert technologique soit accompagné de la modernisation du système productif et des modes de management pour aboutir à la construction d’un vrai système industriel national.
-Pouvez-vous être plus explicite…
Il ne faut pas oublier que la transmission des connaissances et du savoir-faire de la recherche académique vers le secteur productif est primordiale dans le processus de transfert technologique. Il devient alors impératif de disposer de structures pour accueillir et promouvoir le savoir-faire technologique.A ce titre, il est frustrant de constater que même le grand projet de la zone industrielle de Sidi Abdellah qui devait être la ASV «Algerian Silicon Valley» est encore bloqué 6 ans après son lancement. Ainsi, il est primordial de mettre en place une politique effective de la promotion de la recherche fondamentale et appliquée.
L’Etat pourrait dans un premier temps donner l’exemple en soutenant les laboratoires de recherche, mais ce serait comme incubateur. Il doit juste monter la voie au secteur privé, s’associer avec ce dernier pour minimiser les risques au début. En valorisant les brevets, la collaboration avec les laboratoires et les universités, nul doute que le transfert technologique sera grandement facilité. Aussi la valorisation de la recherche académique est indispensable à travers la promotion des manifestations académiques (congrès, colloques..), le recrutement par les entreprises de cadres et de spécialistes des différentes technologies. Mais aussi par la sécurisation des droits de propriété intellectuelle pour inciter à l’innovation technologique.
C’est grâce à cela, que les petites compagnies de la Silicon Valley ont joué un rôle moteur dans la création, l’innovation, le développement technologique des Etats-Unis.Enfin, la diaspora avec toutes les compétences dont elle regorge, des techniciens jusqu’aux entrepreneurs, en passant par les cadres et les chercheurs toutes spécialités confondues, pourrait jouer un rôle déterminant si on l’incite à le faire, notamment via les investissements. Malheureusement, l’argent de la diaspora va en majorité à soutenir la consommation et quand il est investi, c’est dans l’immobilier, des cafés, des projets à faible valeur ajoutée et à rentabilité rapide, car l’environnement des affaires n’est pas propice à des investissements productifs à long terme.
-L’économie algérienne est fortement pénalisée par la mauvaise qualité de la formation à tous les échelons. Comment faire pour améliorer la qualité de l’enseignement au sein de l’université et dans les centres de formation algériens ?
Si l’Etat algérien a réussi plus ou moins le pari de la quantité (augmentation taux de scolarisation, de féminisation, de l’encadrement...), force est de constater qu’il a échoué dans sa politique de refonte du système éducatif pour en améliorer sa qualité (forte déperdition scolaire, taux d’insertion des diplômés…). Cela s’explique, d’une part, par la gestion bureaucratique et hypercentralisée avec ses effets pervers sur les incitations de tous les acteurs, de l’élève jusqu’aux officiels, en passant par les enseignants et, d’autre part, par l’incapacité d’une approche de l’enseignement «par l’offre», à répondre aux attentes de l’économie algérienne. D’où la nécessité de changer de système (dénationalisation), mais aussi d’approche (se tourner vers la demande).
Concernant le premier volet, et devant l’afflux massif des candidats, il est clair que lorsque l’on attribue la mission de l’enseignement uniquement à l’Etat, les établissements publics, notamment les universités, ne peuvent que gérer le quantitatif au détriment du qualitatif. Laisser plus de place au secteur privé pour investir dans l’enseignement permettra de décharger l’Etat de beaucoup de poids et de dégager plus de ressources financières et humaines pour se concentrer sur le qualitatif puisque prenant en charge un effectif plus réduit. Cela instaurera une division de travail entre les établissements publics et les établissements privés, mais aussi une concurrence entre les deux, ce qui va inciter tous les intervenants à améliorer leur rendement, à trouver des solutions innovantes, ce qui ne peut qu’augmenter la qualité de l’enseignement.
La diversification de l’offre éducative via l’investissement privé, en respectant des règles de performance strictes, est le seul moyen de concilier l’explosion des effectifs et qualité de formation. Le partage du marché entre le public et le privé permettra de résoudre aussi les problèmes logistiques (insuffisance des ressources bibliographiques, du matériel didactique, les NTIC) liés au sureffectif, mais aussi les problèmes de motivation des enseignants qui sont contraints de diversifier leurs sources de revenu au détriment de leur assiduité et leur implication dans l’effort d’amélioration de la qualité de l’enseignement.
Pour ce qui est du deuxième volet, depuis l’indépendance de l’Algérie, les réformateurs se sont inscrits dans une seule logique : on offre des programmes éducatifs et c’est à la demande, élèves et étudiants, de s’adapter. Cette approche a montré ses limites au regard de l’inadéquation flagrante entre les profils formés et les emplois disponibles sur le marché du travail, avec le chômage endémique que l’on connait. Dans un contexte de mondialisation caractérisé par l’exacerbation de la concurrence dans tous les domaines, le capital humain est un avantage comparatif certain. Dès lors, il faut définir l’offre éducative en fonction de la demande. Et le meilleur moyen de répondre à cette demande est de permettre non seulement aux entreprises privées de contribuer à l’offre, mais aussi de donner la liberté de choix à la demande. Il faut donner aux Algériens la liberté de choisir l’établissement qui répond le mieux à leurs exigences et aspirations. La meilleure façon de mettre en place cette liberté est le système du chèque-éducation.
En effet, en redonnant à l’élève et à la famille la liberté de choix de son école, on oblige les établissements à adapter leur offre éducative à la demande. Ce système accroît ainsi nettement la responsabilisation des chefs d’établissement pour qu’ils rendent des comptes sur leurs politiques pédagogiques, le recrutement de l’équipe pédagogique et les résultats scolaires. Sans parler de l’émulation créée entre les différents établissements pour améliorer la qualité de l’offre et devenir ainsi responsables directement devant les parents d’élèves. Ce système a déjà fait ses preuves aussi bien dans des pays développés (USA, Pays-Bas, Finlande, Grande-Bretagne) que ceux qui sont encore en voie de développement (Chili, Colombie, Thaïlande, Philippines) sans parler des émergents (Inde). Pourquoi pas l’Algérie ? En l’absence de motivation ou de responsabilité devant les parents, offrant un enseignement inadapté et de mauvaise qualité, le système public offre le droit uniquement à la scolarisation, mais le système chèque-éducation offre aux Algériens un droit à l’éducation.
-Pour diversifier l’économie algérienne, quels sont les créneaux d’investissement porteurs et susceptibles de tirer vers le haut la croissance hors hydrocarbures et créer des emplois durables ?
L’économiste ne peut prévoir le succès de tel ou tel créneau ou secteur, à moins de retomber dans la planification centralisée, qui donne ce que l’on sait. A l’inverse, l’aspect qui importe de manière primordiale porte sur les conditions institutionnelles qui permettront à des entrepreneurs de saisir des opportunités, de développer des créneaux, car ce sont les entrepreneurs sur le terrain qui ont la connaissance nécessaire pour déterminer le potentiel de rentabilité de tel ou tel créneau possible. Ce sont eux qui «tirent» la croissance réelle et pérenne, celle fondée sur la division progressive du travail (et non une croissance venant simplement et uniquement de la retombée des revenus de l’extraction des ressources naturelles). Il faut donc faciliter la tâche aux entrepreneurs.
Pour prendre une analogie biologique, on ne peut rien faire pousser sur des cailloux : pour que quelque chose pousse, il faut un bon terreau, et on verra ensuite ce qu’il y pousse dessus – mais il y poussera quelque chose. C’est un peu la même chose en économie : faisons en sorte de disposer d’un bon terreau institutionnel, et les entrepreneurs se chargeront de faire pousser l’économie, mais on ne sait pas encore quels secteurs. L’Algérie possède-t-elle un bon terreau ? De nombreux analystes en doutent. Du côté des infrastructures physiques des efforts importants ont été faits. Mais du côté de l’infrastructure «institutionnelle», beaucoup reste à faire.
Les indicateurs de liberté économique, qui reflètent assez bien la qualité institutionnelle d’une nation, permettent de cerner les progrès à réaliser en matière de terreau institutionnel. L’indicateur du Wall Street Journal et de l’Heritage Foundation place l’Algérie à la 132e place mondiale et 14e dans la région. Une bureaucratie complexe, étouffante, qui ne cherche pas à promouvoir l’entrepreneuriat, couplée à une corruption perçue comme encore très répandue (Transparency International place le pays à la 105e place) étouffent le potentiel entrepreneurial et donc le potentiel de croissance.
Dans le rapport Doing Business, l’Algérie est placée 136e (et 150e en matière de lancement d’entreprise), avec une fiscalité représentant 72% sur le profit (pour un faible retour en termes de services publics). L’incitation à entreprendre dans le secteur formel n’est pas là. L’Algérie doit réformer son administration et instaurer un Etat de droit pour faciliter le climat des affaires, et donc la croissance et le développement : les «créneaux» émergeront d’eux-mêmes.
-Que pensez-vous du récent plan lancé par le gouvernement algérien visant à développer les énergies renouvelables ? Le projet porté par la fondation Dersertec est-il intéressant pour l’Algérie ?
Ce projet rassemblant une soixantaine de sites (centrales de solaires thermiques, photovoltaïques, fermes éoliennes, centrales hybrides) d’ici à 2030 pour générer 22 000 mégawatts semble effectivement ambitieux. Il contribuerait à améliorer l’infrastructure énergétique du pays puisque seuls 10 000 mégawatts seraient exportés, le reste bénéficiera aux Algériens. Le gouvernement algérien semble ouvert à toutes les bonnes volontés internationales, ce qui me semble être une bonne chose : en maintenant une sorte de concurrence, on évite les «contrats-monopoles» qui peuvent finir par coûter très cher. Même dans le domaine de l’énergie, où la substituabilité sur un projet est presque impossible, il paraît important de vouloir diversifier les projets. De même, vouloir tester les différentes technologies dans les conditions locales paraît une sage décision.
Cependant, plusieurs points peuvent être problématiques. En premier lieu, même s’il a été fait mention de l’ouverture, le projet est aussi censé être «algérien», puisque l’effet recherché est aussi de générer une intégration locale de la branche, en privilégiant la sous-traitance locale et la recherche fournies par des universités algériennes. L’objectif est aussi de créer 100 000 emplois locaux. Si, bien sûr, on souhaite à l’Algérie de développer la branche, il ne faudrait pas non plus tomber dans le piège de la «substitution aux importations» qui a toujours entraîné des échecs par le passé. En effet, on ne peut s’improviser spécialiste sur des technologies de ce type.
Ensuite, dans un environnement des affaires qui est problématique comme nous l’avons relevé plus tôt (et la recherche universitaire est connectée aux entreprises dans ce type de domaine – elle dépend donc elle aussi indirectement du climat des affaires), ce genre de politique du «local à tout prix» pourrait s’avérer catastrophique, avec accumulation de délais, de malfaçons, etc. D’autant que ce type de projet nécessite à la fois une organisation solide et une flexibilité pour parer aux imprévus et adapter les solutions. Cette souplesse ne sera pas vraisemblablement permise si l’environnement des affaires est un carcan. Les projets ne seraient alors pas finis et les 120 milliards de dollars d’investissement prévus finiraient par être gaspillés.
Par ailleurs, mettre en place des programmes de recherche universitaire est long et coûteux, d’autant que même si les projets s’étalent sur une vingtaine d’années, ils seront lancés d’ici peu : les ingénieurs sont-ils prêts, formés, opérationnels et motivés ? Les subventions à la recherche vont-elles automatiquement entraîner une recherche productive ? Qui contrôlera les chercheurs ? Les subventions de recherche seront-elles correctement allouées et utilisées de manière optimale ? Il faut à tout prix mettre en place un système d’incitations qui empêche la bureaucratisation de la recherche et donc sa contre-productivité.
Ce n’est pas toujours simple, d’autant qu’il est prévu de passer par diverses agences, ce qui pose typiquement un problème de coordination, des luttes pour les budgets etc., ce qui entraine généralement une surconsommation des ressources budgétaires mais des objectifs rarement atteints. Il en va de même avec les entreprises qui récupèreront la manne des subventions : le risque de «bulle» verte est grand. On l’a bien vu en France, et le gouvernement est revenu en arrière (mais également parce qu’il entendait redynamiser le nucléaire, avant Fukushima, d’où d’ailleurs sa promotion de plans de «justice climatique», qui n’avait sans doute pas grand-chose à voir avec la lutte contre le réchauffement climatique mais davantage avec la promotion – implicite - du nucléaire français).
Enfin un élément important, souvent oublié, d’une politique énergétique, est de ne pas tabler (comme cela est fait depuis des décennies partout dans le monde par «nationalisme énergétique») sur de grands projets de production, du «collectif», mais aussi sur un marché de la microproduction. Malheureusement, ce dernier pouvant entrer en concurrence avec les grands projets publics, il est généralement étouffé (et ce, d’autant plus quand le climat des affaires est délétère). Partant, pas d’innovation, et donc pas de concurrence et de baisse des prix de ce côté-là et c’est bien dommage.
L’Algérie a tergiversé sur Desertec. Sans doute par nationalisme énergétique là aussi (comme d’autres nations de l’autre côté de la Méditerranée !) ? Ou du fait que le projet, essentiellement allemand, puisse paraître comme «néocolonial» comme on pouvait l’entendre dire il y a quelque temps ? Ou encore parce que Desertec est un réseau d’interconnexions entre pays, cassant ainsi les frontières toujours «rigides» au Maghreb ? Toujours est-il que ce projet amènera de l’investissement étranger, du savoir-faire, des compétences, des erreurs desquelles apprendre… et de l’énergie. Le coût du solaire est encore largement supérieur au nucléaire, mais les spécialistes sont assez optimistes sur les économies d’échelle, et donc les baisses de coûts avec le développement du secteur. Et l’impact environnemental est logiquement moindre. Tout projet d’investissement est un pari…
-L’Algérie a-t-elle une bonne politique de placement de ses réserves financières à l’étranger ? Le gouvernement peut-il mieux faire pour fructifier l’argent du pétrole et du gaz ?
Le débat autour du placement des réserves algériennes a fait couler beaucoup d’encre. Les placements à 98% en dettes souveraines américaines et européennes peuvent paraître, a priori, peu judicieux en ce moment. Pour autant, les informations fournies par les autorités algériennes n’étant pas précises, il est difficile dans ces conditions de juger. De quels pays européens s’agit-il ? Certains pays européens ne posent pas un réel problème. De quels types de titres ?, etc. Je ne me risquerais pas à porter un jugement à l’aveugle. Ensuite, dans le contexte actuel de crise prononcée, bien malin qui pourrait conseiller sans risque le gouvernement algérien sur une stratégie optimale de placement.
Cela dit, on pourrait imaginer qu’une stratégie de diversification serait la bienvenue, surtout en s’éloignant de l’Occident. On parle beaucoup des Brics, mais il faut rester prudent : beaucoup d’investissements s’y sont déjà lancés et on pourrait être au sommet de la vague. Il faut notamment se méfier de la bulle immobilière et de la surchauffe dans l’empire du milieu. Il y a des opportunités dans des pays en plein essor, hors Brics. Il faut s’assurer que le gouvernement algérien est bien conseillé en la matière. ELWATAN
Wednesday, September 14, 2011
Algerie Oran premier Salon de la qualité et du management de l'entreprise
La première édition du Salon de la qualité et du management de l'entreprise s'est ouverte, hier, à Oran avec la participation d'une dizaine de bureaux d'études et de consulting. Cette manifestation se poursuivra jusqu'à demaine, avec pour objectif principal de sensibiliser les visiteurs sur l'importance du management, de la formation et de l'accompagnement de l'entreprise, a indiqué le directeur du Salon, M. Abdelkrim Yousfi. Parmi les participants figurent également des associations, des écoles de formation, des organismes de l'Etat, ainsi que deux certificateurs internationaux en normes dites ISO et OHSAS. Des tables-rondes thématiques seront animés en marge de cette rencontre, en rapport notamment avec le développement de l'entreprise et de la qualité. Des spécialistes interviendront dans ce cadre avec des communications intitulées "Un système de management, pourquoi ?", "La problématique de la qualité en Algérie" et "Tendances de la certification". Ce Salon sera en outre sanctionné par une série de recommandations visant à promouvoir la notion de la qualité et du management au sein de l'entreprise, a indiqué l'organisateur de la manifestation.
Houari B.
Tuesday, September 13, 2011
Europe et Entreprises
Créée en 1989 Europe et Entreprises rassemble des dirigeants d'entreprises de l'Union européenne. Les secteurs d'activité représentés couvrent la mécanique, l'énergie, la communication, le transport, l'assurance, les organismes de retraites et de prévoyance et autres services. Les PME-PMI représentent environ 30% des adhérents. Le développement d'Europe et Entreprises se construit en empruntant deux voies : l'adhésion directe ou le partenariat avec des structures de chefs d'entreprises.
Europe et Entreprises s'est donnée pour missions :
• d'impliquer les chefs d'entreprises européens qui jouent un rôle déterminant pour l'avenir économique et social,
• de leur faire prendre conscience de leurs intérêts communs malgré la concurrence et les différences apparentes,
• d'assurer l'information des instances nationales et européennes afin de favoriser les éléments de convergence.
Europe et Entreprises organise ainsi des manifestations et séminaires dans les différents pays européens et publie régulièrement des notes, dossiers et livres ainsi qu'une lettre d'informations européenne
Europe & Entreprises est un outil souple et réactif au service des entreprises et de leurs activités
Sunday, September 11, 2011
Mr Kader Abderrahim nterview chercheur à l’Iris et spécialiste du Maghreb
Interview de Kader Abderrahim chercheur à l’Iris et spécialiste du Maghreb : “Personne n’a l’intention d’intervenir en Algérie, ni militairement, ni politiquement”Kader A. Abderrahim est Professeur associé à la California University, Maître conférences à SciencesPo et Chercheur associé à l’Iris, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme. Il a parallèlement exercé des fonctions de consultant sur l’Algérie auprès de l’International Crisis group et de l’International for Strategic Studies, et sur le Maghreb auprès du Centre d’Analyse et de Prévision au Ministère des Affaires étrangères. Il est par ailleurs l’auteur de nombreux articles sur le Maghreb et le Machrek. Il a publié en 2008 « L’indépendance comme seul but », Paris Mediterranée, 160 pages.
Algérie-Focus.COm : Des voix s’élèvent en occident, ainsi que dans certains pays arabes, pour dénoncer la guerre que mène la coalition en Libye, qu’ils qualifient de guerre néocoloniale (pour le pétrole entre autres). Ils dénoncent aussi « les mensonges des médias qui manipulent l’opinion internationale » notamment le prétendu massacre de Kadhafi contre sa population, qui, au contraire, lui serait acquise selon certains observateurs. Qu’en pensez-vous ?
Kader A. Abderrahim : Il y a beaucoup de questions, prenons les dans l’ordre.
Tout d’abord il faut qu’il y ait un peu de cohérence dans les critiques ; on ne peut pas à la fois critiquer le silence ou la complicité de l’Occident et critiquer ses interventions. On le voit notamment, à propos de la Syrie et du massacre de la population par le régime de Bachar El Assad.
Il me semble qu’il y a deux questions importantes : primo pour quelles raisons les instances comme la Ligue arabe ou l’Union Africain sont incapables d’agir pour favoriser des solutions politiques, lorsqu’il y a des crises de la nature de celles que nous vivons.
Secundo il faut rappeler que ce sont les populations qui se sont mobilisées pour arracher leur liberté. Ce qui prouve que les sociétés sont capables de trouver des ressources internes pour surmonter leurs difficultés.
Dans ce cadre la question des médias est un enjeu, mais à l’heure d’internet et des réseaux sociaux chacun peut, grâce à la diversité des sources, se forger son opinion.
Quant à Kadhafi il est important de rappeler qu’il a pris le pouvoir en 1969 lors d’un coup d’état et que depuis il n’a jamais favorisé l’organisation de la société. Ce n’était pas vraiment un démocrate. Sa situation personnelle importe peu, ce qui compte c’est qu’il soit capturé et jugé. C’est absolument fondamental pour l’avenir de la Libye et pour éviter de reproduire le scénario irakien.
Le CNT Libyen ne fait pas l’unanimité, on lui reproche d’être instrumentalisé par l’Otan. Pensez-vous qu’il sera en mesure de créer l’adhésion autour de lui et proposer des solutions pacifiques pour la Libye post-kadhafi ?
C’est la question centrale, compte tenu du fait qu’il n’y pas d’Etat et le pays est un agrégat de tribus, plus de 140, les choses seront difficiles et compliquées. La constitution d’une Nation prend du temps et pour la Libye ce travail commence maintenant, en même temps que de jeter les bases d’une démocratie réelle et d’un État de droit.
Des observateurs avertissent contre une éventuelle “somalisation” de la Libye après la chute de Kadhafi et d’une partition de la Libye, qui serait voulue par la coalition, ce qui justifierait une présence prolongée de l’Otan dans ce pays. Partagez-vous cette analyse ?
Oui, c’est la formule utilisée par Hilary Clinton, qui parle de la Libye comme d’une « grande Somalie », le risque existe et le danger d’une fragmentation ne doit pas être négligé. Le colonel Kadhafi était une sorte de Trotsky des sables, il n’a jamais voulu construire un Etat, ni doter son pays d’institutions. Cela avait un double objectif : éviter d’avoir à partager le pouvoir et préserver le système tribal qui lui permettait de négocier des fidélités.
Je n’ai rien lu jusqu’à présent sur les intentions occidentales qui permettent d’accréditer l’idée d’une volonté de partition du pays.
Pourquoi à votre avis le courant ne passe pas entre Alger et le CNT libyen ?
L’Algérie a construit sa diplomatie sur la question des principes. Souveraineté des Etats et non-ingérence étrangère.
Compte tenu de la manière dont la France et la Grande-Bretagne ont opéré pour favoriser l’intervention militaire, l’Algérie ne pouvait que réprouver.
Les autorités algériennes sont aussi pragmatiques et à terme elles reconnaîtront le CNT, parce que la realpolitik commande de ne jamais se marginaliser.
Selon le journal El Watan, les autorités algériennes ont refusé l’asile à Mouammar Kadhafi, tandis qu’elles ont accepté d’accueillir sa femme et trois de ses enfants pour « des raisons humanitaires ». Selon cette source Kadhafi n’aura d’autres choix que de se rallier à Aqmi pour survivre ?
L’accueil de chefs d’Etat déchus est une vieille tradition, on pourrait rappeler que le Shah d’Iran avait trouvé refuge en Egypte avec la révolution islamique, et que le Maréchal Mobutu avait été reçu au Maroc où il est mort d’ailleurs. Donc que l’Algérie accepte d’ « héberger » une partie de la famille de Kadhafi n’est pas choquante en soi. Je pense qu’ils pourraient devenir un élément de négociation entre le CNT et Alger. Les Etats n’ont pas d’amis ils n’ont que des intérêts. Les algériens savent que cette antienne constitue l’un des aspects de la diplomatie.
Des théories selon lesquelles il existe une volonté de “l’empire” de remodeler l’Afrique du nord en cassant tous les États-nations circulent sur internet. Après la Tunisie, l’Egypte, et la Libye, l’Algérie serait la prochaine sur la liste ?
Il y aura toujours des hurluberlus pour avancer des théories complotistes.
Je crois à la dynamique des sociétés et à la mobilisation des peuples. C’est ce que l’on observe depuis la fin 2010. Cela ne signifie pas qu’il faut être naïf, l’occident défend ses intérêts et continuera à le faire.
Je suggère d’inverser le raisonnement et de s’interroger sur les raisons qui ont conduit le monde arabe dans l’impasse où il se trouve.
Comment et qui menacerait l’Algérie ?
Depuis dix ans les responsables algériens ont tissé une relation stratégique avec les États-Unis en matière militaire, avec des manœuvres communes régulières, et une importante coopération en matière de lutte anti terroriste.
Mieux vaut soutenir et encourager des mobilisations populaires pacifiques pour favoriser des réformes et éviter de se flageller.
Quelles solutions restent au pouvoir algérien pour éviter un scénario à la libyenne ?
Encore une fois je ne pense pas que l’Algérie soit la Libye et si il doit y avoir des changements ils doivent venir de l’intérieur. Personne n’a l’intention d’intervenir en Algérie, ni militairement, ni politiquement.
C’est aux algériens de prendre leur destin en mains.
Un mot sur la situation en Syrie ?
Le régime de Bachar El Assad est politiquement fini et symboliquement mort. La répression, d’une violence inouïe, a rompu le lien qu’il pouvait y avoir avec la population. A terme il y aura une autre organisation politique et une autre forme de représentation. En Syrie comme ailleurs dans le monde arabe les bouleversements en cours vont modifier profondément le visage de la région.
Interview réalisé par Fayçal Anseur
http://www.algerie-focus.com/
Subscribe to:
Posts (Atom)











