阿尔及利亚合作的欧洲商业中心的海军拱门

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指出了圖像訪問阿爾及爾規劃信息

羅伯特·舒曼先生和歐洲的“歐洲不會在一夜之間發生,也順利......”

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commission européenne 欧盟委员会

Commission européenne: "Commission européenne"

Tuesday, August 30, 2011

Réseaux sociaux en Algérie

Réseaux sociaux en Algérie : 32% des internautes y accèdent

Le Front des forces socialistes a organisé jeudi dernier au niveau de son siège à Alger une conférence débat portant sur le thème : «Les réseaux sociaux en Algérie».Le Front des forces socialistes a organisé jeudi dernier au niveau de son siège à Alger une conférence débat portant sur le thème : «Les réseaux sociaux en Algérie».
Plusieurs interventions de qualité ont marqué cette rencontre. On retiendra notamment celles de l’universitaire Arezki Derguini, qui a traité du thème des «Réseaux sociaux et autonomie sociale», de Samir Hchicha, blogueur algérien installé à Paris, qui est intervenu à distance sur «Le printemps arabe et l’impact sur la blogosphère DZ », et enfin du directeur de la revue INTIC, spécialisée dans les nouvelles technologies, qui a évoqué lui «L’utilisation d’internet par les Algériens».
Selon cet expert, qui répond au nom de Nassim Lounès, il y a «une prise de conscience collective sur l’importance des technologies de l’information et de la communication». Une prise de conscience «qui est en train de s’ancrer chez les Algériens», a-t-il affirmé.
 Il a indiqué que «l’utilisation de l’internet a connu ces derniers temps une croissance remarquable».
Etayant ses dires, M. Lounès a présenté les résultats obtenus par  une étude sur les usages et perceptions des internautes du Web algérien. Initiée par deux entreprises algériennes, IDEATIC et Med&Com, cette étude met en évidence le fait que la gent féminine, qui ne s’intéressait pas à la Toile au début des années 2000, a grandement rattrapé son retard : «Alors qu’elles ne constituaient que 25,8 % des internautes algériens qui se connectaient sur la Toile, elles sont aujourd’hui 30% à se rendre sur internet, tous âges confondus», a-t-il signalé.
Allant plus loin, le directeur de la revue INTIC a estimé que «grâce aux politiques de développement de l’ADSL partout en Algérie, nous constatons une meilleure pénétration d’internet dans tout le pays, contrairement aux années précédentes où l’étude révélait une concentration au Centre». Conséquence directe de cette politique, les jeunes sont, encore une fois, cette année, les plus nombreux à se connecter régulièrement à internet.
L’intervenant a relevé que «seulement 32% des internautes  déclarent se connecter pour accéder aux réseaux sociaux, tels que Facebook ou Twitter».
Aussi, selon lui, «le grand gagnant de ce marché très porteur est sans conteste Facebook qui totalise 70% des connexions des réseaux sociaux en Algérie». Il dit dans ce contexte que «le chiffre à retenir, même s’il est approximatif, est que Facebook compte 1,8 million de membres algériens».
De son côté, le professeur Arezki Derguini a souligné que grâce à l’émergence de ces réseaux sociaux, l’information est devenue rapidement accessible, par rapport aux années précédentes. «Avant, l’information passait par plusieurs intermédiaires, alors qu’aujourd’hui, avec cette nouvelle technologie, il n’y a plus d’intermédiaire. Il y a seulement le producteur et le consommateur», a-t-il ajouté.
Mettant l’accent sur l’impact des révolutions arabes sur l’Algérie, il a souligné  qu’«il y a deux aspects : l’un quantitatif et l’autre qualitatif. Concernant le premier, le nombre des adhérents à internet a augmenté pour atteindre les 2,5 millions, tandis que le second fait état de la consultation à internet. Un aspect qui a permis aux citoyens d’acquérir plusieurs connaissances et le transfert du savoir-faire».
Dans le même ordre d’idées, Abdou Bendjoudi, blogueur et membre du MJIC, a indiqué que, «les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook ont joué un grand rôle dans les révolutions arabes. Il a cité comme exemple la révolution du Jasmin en Tunisie où les manifestants ont utilisé ces réseaux pour coordonner leurs actions», avant d’ajouter que «les Algériens, pour la plupart, utilisent ces réseaux sociaux comme des espaces d’amusement et de discussion».
Makhlouf Aït Ziane
  • Publié dans :
  • FFS,
  • réseaux sociaux EL MOUDJAHID -

Alger handicapés moteurs

Malgré les instructions du ministère de l’Urbanisme, rares sont les administrations qui ont procédé à des aménagements facilitant l’accès à cette catégorie.

Alors qu’un plan d’aménagement urbain est lancé depuis quelques temps, les handicapés moteurs ont toujours beaucoup de mal à se déplacer à Bordj Bou Arréridj. En effet, transports en commun, marchés, équipements de loisirs et institutions publiques leur sont pratiquement inaccessibles. Accompagnés de trois jeunes handicapés,. Farid en fauteuil roulant, Smaïl avec une prothèse articulée au niveau de la jambe et Mounir qui a perdu la vue depuis la naissance, nous avons circulé dans quelques rues du centre-ville du chef-lieu de wilaya Dans son fauteuil, Farid détaille son lot quotidien en disant : «Je ne peux pas aller dans les commerces qui n’ont que des marches à l’entrée. Alors, j’appelle le commerçant, il sort et je lui explique ce que je veux.
Je trouve cela gênant. Il faut tout le temps demander ou se faire accompagner. Même si les gens sont sympas, il faudrait plus de plans inclinés.» Confirmation quand on parcourt l’avenue Emir Abdelkader : «Regarde, il y a plein de trous sur les trottoirs et les routes. Je butte dessus, et cela déséquilibre mon fauteuil.» Autre problème, l’étroitesse des trottoirs. «Quand ils sont trop petits, je suis obligé de passer sur la route. Je n’ai pas le choix», résume Farid. Pour Smaïl, avec sa prothèse à la jambe, se déplacer est difficile. Il nous a fait part de ses difficultés en affirmant : «Les trous et le carrelage glissant rendent mes déplacements très dangereux. Je demande souvent aux passants de m’aider en me tenant la main. De plus, certaines portes des lieux publics sont impossibles à ouvrir pour moi. Selon les poignées, je ne peux pas les saisir, la pression me pose problème parfois. Il faudrait plus de portes automatiques.»
Et d’ajouter : «Le bureau de poste, le théâtre, beaucoup de services administratifs par exemple, se trouvent à l’étage ou pourvus de marches à l’entrée. Nous ne pouvons nous y rendre seuls. On dépend des autres. Et puis il n’y a pas que nous. Il faut penser aux personnes âgées, aux mamans avec des poussettes», ajoute Ismaïl. Globalement, ce dernier trouve que «les trottoirs et la voirie ne sont pas adaptés aux personnes à mobilité réduite». Alors que toutes les constructions neuves doivent prendre en considération la circulation des handicapés moteurs en prévoyant des voies d’accès faciles, la mairie de Bordj Bou Arréridj vient de refaire les trottoirs sans tenir compte de cet impératif. Une triste réalité qui explique  pourquoi beaucoup de personnes renoncent à vivre complètement dans la ville.

Mounir ne veut pas expliquer les dangers qu’il rencontre quand il sort ; il invite les responsables locaux à essayer de circuler en ville les yeux fermés, une heure seulement, c’est-à-dire le temps d’effectuer un trajet anodin pour une personne valide, mais un véritable parcours du combattant pour un handicapé qui affronte en permanence des bornes métalliques, des étals, des pancartes de commerces, des véhicules stationnés sur le trottoir dépourvu  de «bateaux» pour en descendre ou y monter. «La liste est impressionnante et  fait prendre, j’espère, conscience aux valides que l’accessibilité est un vaste chantier, mais surtout une nécessité absolue. Ce qui est pratique pour nous, est confortable pour tous», insiste-t-il. Officiellement, la wilaya de Bordj Bou Arréridj compte 1 450 malvoyants, 1 024 malentendants, 1 977 personnes atteintes d’affections psychiatriques, 7 359 handicapés moteurs et 2 252 polyhandicapés, sans parler de ceux, estimés à 22 000 qui  ne sont pas inscrits à la DAS.

Monday, August 29, 2011

Réseaux sociaux et blogosphère en Algérie

L’éclatement des révoltes populaires dans le monde arabe peut s’expliquer par d’innombrables facteurs. Les outils qui ont servi à leur réussite sont plusieurs.

Les réseaux sociaux et la blogosphère ont été des atouts. Mais en Algérie, en intense période de contestation, le pouvoir a censuré et piraté les blogs animés par des jeunes Algériens.
Les blogueurs sont surveillés. Leur activité déplaît au régime. Nous assistions à une autre forme d’atteinte aux libertés individuelles mise sous silence.  Réunis dans la soirée de jeudi dernier, au siège national du FFS (Alger), autour d’une table ronde sur le thème «Les réseaux sociaux et la blogosphère en Algérie», les invités, blogeurs et journalistes, ont dénoncé la censure de leur support média au début de l’année. «Lorsque la révolte a éclaté au mois de janvier, des blogs ont été piratés et censurés», révèle en premier Abdou Bendjoudi, blogueur et membre du Mouvement de la jeunesse indépendante. Il affirme que «les médias sociaux et les blogs sont infiltrés par les renseignement généraux». Ce dernier se réfère à une enquête individuelle entreprise durant trois mois. Il a constaté que «les services créent de faux profils sur Facebook pour savoir qui est pour qui et qui est contre qui».


M. Bendjoudi explique que le verrouillage médiatique que connaît le paysage audiovisuel pousse les Algériens à investir la Toile pour se mette au diapason de l’actualité alternative. «L’ENTV diffuse de l’information erronée, et selon le désir du pourvoir. La frustration pousse la jeunesse à s’accrocher à d’autres canaux de communication, plus libres et moins sclérosés.» Dans sa lancée, il indique que «la censure et la manipulation est à l’origine du développement du média citoyen, qui est un outil pour freiner l’idéologisation de l’information. Par exemple, en janvier dernier, l’ENTV offrait un faux contenu sur les mouvements de protestation. Donc, le seul remède, pour connaître la vérité, c’était de voir les vidéos postées sur Facebook ou Youtube. L’exemple d’envoyés spéciaux algériens est le meilleur à donner dans ce sillage».
Le retard qu’accumule l’Algérie pour ouvrir son espace audiovisuel se répercutera négativement au cours des prochaines années. Le pays risque d’être en déphasage total avec les conditions de travail qui régenteront le domaine d’ici 20 ans. «Si l’Etat ouvre l’audiovisuel, c’est le mot de la fin de ceux qui dirigent l’ENTV aujourd’hui», estime M. Bendjoudi.


Une navigation de consommation et peu de production

Le blogueur algérien, connu sous le nom de Hchicha, est intervenu à partir de Paris. Il pense que «les Algériens et les Tunisiens ont évolué de la même manière sur le web et ont adhéré d’une pareille façon sur le réseau facebook. Mais les Tunisiens ont fait leur révolution. Car, en Tunisie, les animateurs des réseaux sociaux et les blogueurs sont des activistes de longue date. Ils sont organisés. Ils ont utilisé internet comme un outil de rassemblement». En Egypte et en Tunisie, les appels sur les réseaux sociaux et les blogs pour destituer les régimes et pour manifester ont eu des échos. «Ces supports web sont animés par des activistes et des défenseurs des droits de l’homme», a expliqué le blogueur et journaliste Allaoua Hadji. L’universitaire Arezki Derguini estime de son côté que l’internaute algérien est plus un consommateur que producteur. «Les utilisateurs nationaux des réseaux sociaux sont des consommateurs passifs et non pas des producteurs de l’information, contrairement aux activistes tunisiens et égyptiens», juge-t-il. Il recommande d’ailleurs aux journalistes de travailler avec les blogueurs, tout en supposant que le rédacteur doit écrire selon la demande du marché. C’est là une opinion d’ordre économique qui est «acceptée dans les pays pionniers du journalisme».
Il déplore également l’absence flagrante des professionnels de la presse sur le réseau Twitter.
Enfin, Nassim El Ouenass, directeur de la revue Intik, a présenté les résultats d’une étude réalisée par Webdialna. Elle montre que les Algériens se connectent en moyenne 20 heures par semaine. 73% des sondés déclarent utiliser la Toile pour récolter l’information. L’étude avance un chiffre de plus de 6 millions d’internautes en Algérie, dont 70% sont des hommes. Le nombre de «facebookistes» dépasse un million. Google est le premier site visité, suivi de Facebook, Yahoo, blogspot et le site arabophone Startimes.
Mehdi Bsikri elwatan

Sunday, August 28, 2011

Crise libyenne Mr Henry S. Ensher, ambassadeur des États‑Unis

Mr Henry S. Ensher, ambassadeur des États‑Unis à Alger, a affirmé, samedi 27 août, que son pays respecte « beaucoup » le rôle de l’Algérie dans la crise libyenne. « Nous respectons beaucoup le rôle de l'Algérie dans cette crise et nous savons que l'Algérie est dans une position très difficile car la Libye est un pays voisin », a‑t‑il déclaré dans un entretien à l'agence APS. « Nous devons tenir compte de cette situation », a‑t‑il ajouté.

Saturday, August 27, 2011

GOOGLE TV EUROPE Mr Eric Schmidt début 2012

Le service Google TV sera lancé en Europe début 2012
Google lancera son service de télévision connectée à internet au début de l'année prochaine en Europe, a annoncé vendredi son président Mr Eric Schmidt

Muʿammar Al-Qaḏḏâfî معمر القذافي Mouammar Kadhafi réfugié en Algérie ?

Les rebelles libyens se sont emparés du principal poste-frontière avec la Tunisie, signant une nouvelle avancée face au régime moribond de Mouammar Kadhafi, introuvable depuis des jours et qui pourrait être passé en Algérie, selon une source rebelle.

Lire également
> Retour sur les événements en Libye
Ce matin, Tripoli était calme, tandis que les appels internationaux à la réconciliation et au renoncement à toute vengeance se sont multipliés, aussi bien du côté de l'Union européenne, des Nations unies que de l'Union africaine.
Alors que la traque de l'ex-homme fort du régime se poursuit, un convoi de six Mercedes blindées, qui pourraient transporter de hauts responsables libyens, voire Kadhafi lui-même, est passé, hier, en Algérie, par la ville frontalière de Ghadamès, a affirmé l'agence officielle égyptienne Mena. "On pense qu'elles transportent de hauts responsables libyens, possiblement Kadhafi et ses fils", a-t-elle dit, citant une source militaire rebelle libyenne.

"La stricte neutralité" de l'AlgérieAucune réaction n'a pu être obtenue en Algérie, qui n'a pas reconnu le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, et qui n'a jamais demandé officiellement le départ de Mouammar Kadhafi, disant observer une "stricte neutralité" dans le conflit.
Dans l'ouest de Libye, les rebelles, qui ont promis une récompense de près de 1,7 M$ pour la tête de Kadhaf mort ou vivant, ont remporté une nouvelle victoire en prenant le contrôle, hier soir, du poste de Ras Jdir, frontalier avec la Tunisie. "Plus d'une centaine de rebelles sont arrivés à Ras Jdir. Il n'y a pas eu de véritable clash. Les loyalistes ont pris la poudre d'escampette", a déclaré une source gouvernementale tunisienne.

Friday, August 26, 2011

Mr Mohamed Laksaci l’économie algérienne


Mr Mohamed Laksaci détaille les performances de l’économie algérienne en 2010

L’Algérie continue de réaliser de bonnes performances au plan macroéconomique. En 2010, l’économie algérienne a enregistré un excédent commercial de 15,58 milliards de dollars, un taux de croissance de 3,3 %, des réserves de change de 162 milliards de dollars et une inflation de 4,1 %, un endettement extérieur quasi nul et une hausse de 15,6 % des crédits aux entreprises. Ces chiffres permettent au gouverneur de la Banque d’Algérie Mohamed Laksaci de bomber le torse.

Algerie réserves de change placées aux Etat-Unis et en Europe

Algérie. La nécessité d’un débat national sur les152 milliards de dollars de réserves de change placées aux Etat-Unis et en Europe
Il était donc temps que les autorités algériennes réagissent afin d’éviter une certaines désinformation nuisible aux intérêts supérieurs du pays. La démocratisation de la décision économique et politique est devenue une urgence de l‘heure. Le débat sur les réserves de change qui n’est pas un secret défense comme veulent nous le faire entendre certains technocrates ou politiqués cultivant le culte du secret pour plus de pouvoir, qui n’ont pas fait leur mutation intellectuelle, vivant encore à l’ère du parti unique des années 1970, feignant d’ignorer la révolution du monde des télécommunications.

Thursday, August 25, 2011

pourquoi l'angleterre refuse l'euro

La décision a étonné certains de ses partenaires : l’Angleterre a osé dire non à l’euro
Comment peut-on refuser une monnaie aussi unanimement appréciée par les marchés des changes ?

Mr Xavier Driencourt l’ambassadeur de France à Alger entretien EL WATAN

Dans un entretien accordé à El Watan, Xavier Driencourt, l’ambassadeur de France à Alger a largement commenté des sujets d’actualité régionale, particulièrement la crise libyenne. «L’Algérie n’est pas comparable même à la Tunisie, un pays proche», analyse-t-il au sujet du printemps arabe.

- La situation en Libye a évolué très rapidement ces derniers jours. Les rebelles sont à Tripoli.  Comment voyez-vous la suite des événements ?

Ce qui était vrai il y a quinze jours, où l’on parlait de dialogue politique possible entre les différentes forces politiques, est dépassé. Maintenant, les opérations militaires sont en cours en Libye. Mais ce qui est sûr c’est que la priorité est que les combats puissent s’arrêter, que les autorités quelles qu’elles s’appellent – le gouvernement provisoire ou le Conseil national de transition (CNT) – puissent maîtriser le processus, rétablir la sécurité dans Tripoli et dans le pays, s’attacher à la concorde nationale et puis à reconstruire le pays avec l’aide de tous ceux qui seront du côté de la Libye, à la fois les pays du groupe de contact qui va probablement se transformer en groupe des amis de la Libye et vraisemblablement des pays de la région, c’est-à-dire de la Ligue arabe et de l’Union africaine.

- L’Algérie a été remarquablement critiquée par le CNT qui, faut-il le signaler, a marché la main dans la main avec Paris dans son action armée lancée contre le régime d’El Gueddafi. Quelle est la position officielle de la France ?

La seule position officielle de la France que je connaisse, c’est ce qu’a dit M. Alain Juppé, lorsqu’il est venu à Alger, à M. Medelci et au président de la République. Il y a eu des explications de part et d’autre. Les Algériens ont donné certaines explications. Je m’en tiens à cela.

- La France souhaite-t-elle que l’Algérie reconnaisse le CNT, à l’instar des deux pays maghrébins que sont la Tunisie et le Maroc ?

Je crois que la position de l’Algérie, telle qu’on me l’a expliquée, est de reconnaître les Etats, pas les gouvernements. Il y a un Etat libyen qui sera dirigé par un gouvernement libyen, qui sera peut-être une émanation du CNT élargi. Je comprends que l’Algérie va plutôt inscrire sa position dans un processus régional avec l’Union africaine et la Ligue arabe. Mais, je n’ai pas l’impression qu’il y aura une action analogue à celle de la Tunisie ou du Maroc. L’Algérie avait encore jusqu’à ces jours-ci une ambassade à Tripoli, et il y a une ambassade de Libye à Alger. En passant ce matin, j’avais vu qu’il y avait de nouveaux locataires… Voilà, il y a donc à la fois des problèmes d’ordres diplomatique et politique qui relèvent d’une décision politique algérienne. En même temps par le fait même qu’il y ait une ambassade d’Algérie en Libye et une ambassade de Libye avec de nouveaux occupants à Alger, il y a des problèmes d’ordre pratique ou protocolaire… Mais enfin, l’histoire s’accélère d’heure en heure. Chaque chose en son temps. Et puis, comme l’Algérie se dit préoccupée par ce qui se passe en Libye et les implications sur sa frontière, j’imagine que les autorités réfléchissent et travaillent à d’autres évolutions du processus. Mais pour revenir à la question de tout à l’heure sur la France, je sais que M. Alain Juppé était en relation, très récemment, avec un certain nombre de pays, notamment le Qatar, pour envisager la possibilité de tenir une réunion avec ce qu’on appelle le groupe de contact au Qatar ou peut-être sans doute à Paris pour discuter de l’avenir de la Libye et de l’aide que pourront apporter un certain nombre de pays qui se sont engagés jusqu’à présent aux côtés du CNT.

- L’engagement précipité de la France en Libye était d’autant plus inattendu qu’il n’y a pas longtemps la visite d’El Gueddafi à Paris a mérité tous les soins et les honneurs réservés aux chefs d’Etat. Qu’est-ce qui a changé entre-temps ?

Beaucoup d’autres ont reçu El Gueddafi… ! On a été, je pense, très marqué par les événements de Tunisie et d’Egypte. Et pour avoir assisté notamment à un colloque à Paris, qui a eu lieu fin avril à l’Institut du monde arabe sur ce qu’on appelait à l’époque, peut-être abusivement, «le printemps du monde arabe», M. Alain Juppé a dit qu’«on a peut-être eu tort, nous Français, de croire que la stabilité devait l’emporter sur la démocratie». Et dans le fond, certains pays occidentaux, pas seulement la France, ont privilégié la stabilité d’un certain nombre de régimes (en Egypte, en Tunisie et en Libye) par rapport aux besoins démocratiques. On n’a peut-être pas suffisamment été à l’écoute des peuples.

- Et que dites-vous à l’Algérie à ce propos ?

Ce n’est sûrement pas à nous de dire à l’Algérie ce qu’il faut penser. L’Algérie a une grande politique étrangère et une tradition diplomatique. C’est aux autorités algériennes de définir leurs orientations.

- Est-ce qu’il n’y a pas d’inquiétudes sur la situation sécuritaire au Sahel ?

Nous sommes très concernés, nous Français, parce que nous avons nos intérêts en Afrique. Non seulement par des intérêts économiques, mais aussi parce que pas mal de Français habitent dans ces pays-là (en Côte d’Ivoire, au Niger, au Sénégal, en Mauritanie). Nous avons des populations françaises qui y habitent. Nous sommes intéressés et impliqués par ce qui se passe dans cette région qui est devenue instable. Et puis, il faut reconnaître que ce sont les intérêts français qui sont le plus ciblés, que ce soit au Niger, au Mali ou ailleurs. Donc, nous ne sommes pas indifférents. Nous avions eu des discussions avec les autorités algériennes sur le Sahel et nous avons salué leur évolution politique et diplomatique sur la région.

- Permettez-moi de revenir à la question précédente sur le dialogue politique que vous menez avec l’Algérie compte tenu du printemps arabe. Le 14 juillet dernier, vous avez déclaré que vous soutenez les réformes politiques engagées en Algérie…

Nous avons des contacts réguliers avec nos interlocuteurs algériens, que ce soit sur la Libye ou sur les changements dans le monde arabe. Et nous avons dit que ce qui se passe en Libye est important.
On avait des divergences d’opinion assez larges sur l’intervention de l’OTAN. Quant au processus de réformes dans le monde arabe, on a parlé de printemps arabe. En fait, il y a eu «un hiver» en Tunisie qui a commencé en décembre et puis un hiver en Egypte…
Côté français, ou même côté européen, on a voulu – peut-être par simplification ou par commodité – mettre tout le monde ensemble. Ainsi, des politiques et les observateurs se sont dit que, comme il y a 20 ans, il y a eu la chute du mur de Berlin avec des dominos qui sont tombés les uns avec les autres, alors il est en train de se passer la même chose dans le monde arabe et c’est pour cela qu’on parlé d’«un printemps arabe», en disant finalement que ça va se produire un peu partout.
Mais en ce qui concerne l’Algérie, je crois que parler globalement du printemps arabe est une fausse «bonne idée». Parce que chaque pays a ses spécificités, on ne peut pas comparer l’Algérie à la Tunisie et encore moins à la Libye. En effet, le système de pouvoir n’est pas le même, le rôle de la presse est différent en Algérie de ce qu’il était en Tunisie, de ce qu’il a été en Libye, en Syrie… Mais aussi parce que l’Algérie a connu un certain nombre de bouleversements pendant plusieurs années. L’Algérie ne peut être comparée même à la Tunisie, un pays qui est proche. Donc chacun à son rythme propre. J’ai dit le 14 juillet que nous suivons et encourageons les réformes en Algérie mais que, évidemment, ces réformes se font au rythme propre algérien qui est différent de ce qu’il est au Maroc et en Tunisie ou dans des pays plus à l’est. Mais, il y a quand même un mouvement général, un élan, et aucun pays ne peut s’exonérer des réformes, pas plus le Maroc que l’Algérie ou les monarchies du Golfe. Il y a un facteur commun.


- Est-ce à dire donc que vous réfutez la lecture selon laquelle les sociétés des pays de la région exigent la démocratisation du pouvoir ?

Non. Je dis tout simplement que c’est un raccourci commode de dire qu’il y a un printemps arabe et que ça doit concerner tout le monde de la même façon.

- Et pourquoi pas ?

Parce chacun le fait selon ses propres modalités. De même qu’en Europe, les évolutions et les révolutions se sont faites dans divers pays de manière différente. La révolution française a débouché sur des déviations, en Angleterre ça été un processus plus lent, plus apaisé, plus collégial. Ce serait être présomptueux de dire que tout le monde doit faire la même chose, tout le monde doit avoir le même type démocratique et chacun aura un barème avec des notes ? On ne peut pas procéder comme cela.

- La semaine dernière, l’ambassadeur américain en Algérie a déclaré que la démocratisation des pays arabes arrange les intérêts américains. Peut-on dire la même chose de la France ?

Je ne vois pas très bien ce qu’on veut dire par arranger les intérêts... Je crois qu’on soutient les réformes parce que c’est dans l’intérêt des peuples de la région de suivre ces réformes, alors si cela nous arrange accessoirement, c’est tant mieux.

- En fait, la France a-t-elle abandonné la théorie de stabilité des régimes au profit de leur démocratisation ?

C’est peut-être là aussi un raccourci abusif. Je crois que tout pays, la France, comme les Etats-Unis, l’Algérie ou d’autres, ont intérêt aussi à une certaine stabilité. On a constaté avec ce qui s’est passé depuis le mois de janvier que la stabilité n’est pas le seul critère. Et que la démocratie si elle peut se conjuguer avec la stabilité c’est encore mieux.

- Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, a effectué plusieurs visites en Algérie ces derniers mois pour relancer la coopération économique entre les deux pays. A-t-on fait bilan de ces actions ?

Il est important de mettre en perspective le fait que nous allons être à la veille d’élections législatives en Algérie et d’élection présidentielle en France en 2012. Et, si l’on essaie de faire un arrêt sur image, on se rend compte que l’on est passé par des phases complexes ces dernières années. Il y a eu la période chaleureuse de Jacques Chirac en 2003 et 2004. En 2005, la loi sur la colonisation a créé des difficultés dans nos relations bilatérales. Après son élection en 2007, le président Sarkozy a consacré ses deux premiers voyages à l’Algérie. Le Premier ministre, François Fillon, est également venu en Algérie.
A mon arrivée à Alger, il y a eu rupture. Je suis arrivé au mauvais moment. Il y a des difficultés comme l’affaire Hasseni, celle des moines de Tibhirine, la liste noire aérienne, les questions de repentance, le film Hors-la-loi, et j’en passe. C’était une période de relative glaciation pendant deux ans. Depuis octobre 2010, il y a eu expression de volonté de part et d’autre de faire une sorte de «Reset» informatique. Il faut qu’on se dise des choses pour essayer de repartir de bon pied. Des personnalités telles que Valls, Chevènement et Plantu sont venues en Algérie pour essayer de passer des messages et pour ne pas rompre les ponts. Il a été décidé en haut lieu de l’Etat, et des deux côtés, de regarder les choses positivement. Nous avons des désaccords sur un certain nombre de choses.


- Par exemple ?

Les questions dites de repentance, sur un certain nombre de dossiers économiques, sur les visas. Il y a des tas de sujets. On peut en trouver tous les jours. On sait qu’ils existent mais cela ne va pas nous empêcher de parler d’autres dossiers, notamment économiques. Il y a décision de nommer des deux côtés un coordinateur pour essayer de booster les relations économiques. On a abusivement présenté Jean-Pierre Raffarin comme «Monsieur Algérie».
M. Raffarin est chargé uniquement des dossiers économiques. Dans le contexte actuel, les difficultés que connaissent la Tunisie, l’Algérie et d’autres pays de la région sont liées – c’est commun – à la crise de la jeunesse.
Une jeunesse qui exige de plus en plus de choses. Elle réclame des emplois, des logements, des connexions internet, etc. Aujourd’hui, tout le monde est connecté aux standards internationaux. Il serait bien – tant mieux si cela arrange nos intérêts – de répondre aux besoins de la société en aidant l’Algérie à créer des emplois. Dans ce domaine, les entreprises françaises peuvent apporter leur contribution. Cela arrange autant les intérêts de nos entreprises que ceux de l’Algérie (…)  Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a donné à Claude Guéant (?), une liste de dossiers économiques qu’il voulait voir aboutir comme Alstom, Saint-Gobain, etc. Sur douze dossiers, dix ont été réglés définitivement.


- Et qu’en est-il à propos du dossier de Renault ?

Il y a encore deux dossiers en cours de discussion. Les dossiers de Renault et Total sont plus compliqués que les autres. Il s’agit de gros dossiers. Pour Total, l’investissement est estimé à 4,5 milliards d’euros.

- Quelle est la difficulté avec Renault ?

Il s’agit de questions techniques liées à des besoins en gaz. Ce n’est pas lié au prix. Cela a trait à la capacité de l’Algérie de fournir un type particulier de gaz. C’est trop compliqué pour moi. Il y a aussi des difficultés pour la localisation du projet. L’accord a été signé en 2007, lors de la visite de Sarkozy. L’accord est arrivé à échéance fin juillet 2011. L’idée est donc de le proroger pour ne pas laisser tomber le projet. Le projet Renault est stratégique pour l’Algérie. Il ne s’agit pas de créer une usine mais une filière industrielle. Ce qui est quand même plus compliqué. Cela implique toutes les sphères économiques. Il y a à la fois l’importation des produits pour fabriquer des voitures, la commercialisation, la sous-traitance, la localisation d’une usine… C’est un sujet compliqué qui n’est pas réglé.

- Renault et Total tiennent-ils à leurs projets en Algérie ou vont-ils abandonner ?

Quand j’ai rencontré les responsables de ces deux groupes fin juillet, ils m’ont dit qu’ils tiennent à leurs projets en Algérie et qu’ils n’envisagent pas de baisser les bras. Pour Renault, il y a une volonté politique de part et d’autre pour faire avancer, et si possible faire aboutir ce projet. C’est un projet structurant pour l’Algérie.
Il est important pour ce pays d’avoir une filière automobile. Il y a des problèmes d’ordres commercial, industriel et financier qui se posent pour le projet et qui sont plus compliqués qu’on le pense. Pour Total, je crois que cela est lié à une réflexion entreprise en Algérie sur l’avenir de l’industrie pétrochimique. C’est plus compliqué pour Total. Jean-Pierre Raffarin a reçu une deuxième lettre de mission du président de la République. Il s’agira pour lui de reprendre les dossiers qui n’ont pas abouti et se charger des autres projets. Il y a une volonté du côté français de contribuer aux investissements en Algérie…


- On reproche souvent aux entreprises françaises de faire plus de commerce que d’investissement !

On me dit toujours cela ! Le nombre d’emplois créés par les entreprises françaises en Algérie est important. Idem pour les projets nouveaux mis bout à bout. Alstom, qui s’est chargé du tramway d’Alger, importait ses rames de France et d’Espagne. Alstom va, à partir de maintenant, construire avec Ferrovial des rames à Annaba. Cela donne à l’Algérie un savoir-faire industriel et contribue à créer des emplois dans la région de Annaba. C’est bénéfique pour Alstom également puisqu’il existe dix-huit projets de tramway en Algérie : à Oran, Sétif, etc.
Les Algériens préféreront acheter les trames construites à Annaba que d’importer. C’est gagnant-gagnant. Il ne faut donc pas dire que les entreprises ne font que le commerce (…) Rien que pour le projet Total, 4500 emplois seront créés. La France ne dit pas je vais investir 5 ou 6 milliards de dollars en Algérie. Les entreprises françaises définissent leurs projets en Algérie et ce n’est qu’après qu’on fait l’évaluation financière.


- Il n’y a pas que la France qui a des relations économiques avec l’Algérie. D’autres pays comme la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie et d’autres sont présents. La France n’est-elle pas bousculée un peu ?

Il est évident qu’on se sent bousculé. C’est le jeu de la mondialisation. Notre idéal est d’avoir un marché captif en Algérie mais ce n’est pas le cas. On ne peut empêcher les Chinois, les Turcs, les Coréens d’investir. Il est nécessaire, côté français, de se mettre en ordre de bataille pour ne pas être trop bousculé. Notre part de marché en Algérie baisse d’année en année. En 2010, la part de la France dans le marché algérien était de 15,1%  contre 16,8% en 2007. La Chine est à 11%, l’Italie à 9,7%. Entre 2003 et 2007, notre part de marché est passée de 24% à 16,8%. Une perte de 7 points.

- Les négociations autour de l’accord de 1968 relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles en France ont-elles avancé ?

C’est un sujet difficile et délicat. Cela concerne tout le monde. Il y a aussi la dimension humaine. En France, le sujet est compliqué, politiquement sensible, pas seulement en période électorale. Cela est lié notamment à la santé économique de la France et à des prises de position politiques. Le débat est devenu permanent alors qu’il était épisodique par le passé. Certains font des amalgames faciles entre taux de chômage et immigration. L’accord de 1968 avec l’Algérie est la suite des Accords d’Evian. Des avenants ont été ajoutés à cet accord. Des discussions ont été lancées en 2010 sur la révision de cet accord. C’était plus un tour de chauffe qu’autre chose. Nous n’avons vraiment pas commencé les discussions. Des équipes de négociateurs se sont rencontrées à Paris et à Alger en 2010 et en 2011.

- Pourquoi cet accord doit-il être révisé ?

L’évolution du flux migratoire relève du droit européen. Le dispositif français évolue avec le droit européen. L’Algérie est figée dans le cadre de l’accord de 1968. Il y a des articles plus favorables à l’Algérie dans cet accord que dans le droit européen. A l’inverse, il existe des éléments plus positifs dans le droit français et européen de 2011 que dans l’accord de 1968. Les deux pays sont demandeurs pour mettre les choses à plat. Il est important d’avancer.

- Pour le dossier des demandes algériennes de restitution d’archives, y a-t-il une évolution ?

J’ai remis des lettres au directeur des Archives nationales algériennes de la part de son homologue français pour installer des groupes de travail et pour échanger des documents dans la perspective de 2012. Les Archives algériennes souhaitent organiser des expositions sur ce qui s’est passé il y a cinquante ans (2012 coïncide avec le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, (ndlr). Elles ont besoin de documents qui sont en France, par exemple le premier appel du FLN de 1954. Un tract subversif à l’époque. Il a été donc ramassé par les militaires français. 2012 est d’abord l’anniversaire des Algériens. Ce n’est pas un sujet qui sera à l’origine de contentieux avec l’Algérie. Si accessoirement on fera des choses ensemble, on s’en réjouira.

- Est-ce que toutes les archives seront dévoilées en 2012 ?

Il y aura levée du secret sur un certain nombre d’archives, notamment militaires. Là aussi, la question est compliquée. A part quelques archives classées secret militaire, toutes les archives sont consultables en France par les chercheurs (…) Nous avons restitué à l’Algérie toutes les archives antérieures à 1830, des archives dites ottomanes. Nous avons remis toutes les archives privées. Des archives qu’on peut retrouver dans des ventes aux enchères. Maintenant, pour les archives de souveraineté, qui sont des archives de l’Etat français parce qu’à l’époque il n’y avait pas d’Etat algérien, comme les circulaires ou les notes du préfet d’Alger ou celui de Constantine, nous les considérons comme internes aux Français. Nous avons des divergences avec les Algériens sur ce point. Ces archives sont consultables en France, notamment au centre d’Aix-en-Provence.

- Y a-t-il du nouveau par rapport au dossier des indemnisations des victimes des essais nucléaires français de 1960 dans le Sahara algérien ?

A propos la promulgation de la nouvelle loi sur les indemnisations, une commission,  composée de médecins, juristes, historiens, examine chaque dossier un par un. Des conditions sont précisées dans la loi et dans les textes d’application pour bénéficier des indemnisations. Cela concerne surtout les victimes militaires avec précision de périodes d’exposition et de types de pathologies.

- Le président Abdelaziz Bouteflika devait se rendre en France en 2009 pour une visite officielle. La visite a été annulée sine die. Aura-t-elle lieu ?

Cette visite est souhaitée. C’est aux Algériens de le décider. En 2009, nous étions dans la phase de glaciation. Cette période est dépassée. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, lors de sa visite à Alger, a parlé de «particulière embellie» dans nos relations, le président Bouteflika a évoqué «les réelles avancées» alors que le Premier ministre Ahmed Ouyahia a estimé qu’il y a «un nouveau momentum». Trois expressions positives.

- Partagez-vous le point de vue du socialiste François Hollande sur le passé colonial de la France en Algérie ?

François Hollande a dit : «Je souhaite que des choses soient dites franchement.» Tout le monde peut souscrire à cette phrase. Cela ne veut rien dire. La presse algérienne a écrit que si François Hollande sera élu président de la République, la France présentera des excuses à l’Algérie. Ce n’est pas ce qu’il a dit. En 2007, le président Sarkozy a dit aussi des choses en Algérie (il a déclaré que le colonialisme était injuste, ndlr)

- Compte tenu de l’accélération des événements au Maghreb et au Moyen-Orient, l’Union pour la Méditerranée (UPM) est-elle toujours d’actualité ?

L’UPM est d’actualité. Si tous les pays méditerranéens étaient aux mêmes standards démocratiques, il est évident que le dialogue serait plus facile. Mais, il faut reconnaître, ça ne marche pas…

- Hosni Moubarak, le président égyptien déchu, était vice-président de l’UPM…

Pour des raisons évidentes, le processus de l’UPM est bloqué. Des choses doivent être dites, pour reprendre l’expression de tout à l’heure. Il y a la réalité. On ne peut pas convoquer une réunion de l’UPM demain à Barcelone pour évoquer le flux migratoire. La priorité en ce moment est la stabilisation de la Libye et de la Syrie.

- Ce qui se passe en Libye devra-t-on l’appeler «le printemps libyen» ou «l’hiver libyen» ?

C’est de la sémantique ! Les choses évoluent tellement vite, on ne peut rien avancer sur l’évolution de la situation sur le terrain. La priorité est la fin de la guerre civile en Libye.
Ce n’est ni un printemps ni un hiver. La prochaine autorité, incarnée aujourd’hui par le CNT, doit stabiliser le pays
 
Ali Benyahia, Fayçal Métaoui