阿尔及利亚合作的欧洲商业中心的海军拱门

阿尔及利亚合作的欧洲商业中心的海军拱门
指出了圖像訪問阿爾及爾規劃信息

羅伯特·舒曼先生和歐洲的“歐洲不會在一夜之間發生,也順利......”

retrouver ce média sur www.ina.fr

commission européenne 欧盟委员会

Commission européenne: "Commission européenne"

Wednesday, January 12, 2011

faillite d'Etat 2011 2013



Des économistes allemands préconisent la mise enplace s'un système de faillite d'Etat
[Fenêtre sur l'Europe]

Dans un rapport récent, un comité composé d'une trentaine d' économistes conseillers du ministre allemand de l’économie, préconise l’instauration d’une procédure de faillite ordonnée pour les États en défaut de paiement à partir de 2013.


"Il convient d’établir qu’à l’avenir, aucun membre ne pourra compter sur le soutien financier automatique de ses partenaires pour le sauver de la faillite dans n’importe quel cas de figure." soutient le rapport.

crainte que les émeutes du maghreb fassent des émules 2011


De crainte que les émeutes en Algérie et en Tunisie fassent des émules
La Jordanie et la Libye anticipent et prennent des mesures

Synthèse de Rabah Iguer

Beaucoup de pays touchés par la hausse des prix des produits agroalimentaires dans les marchés internationaux redoutent que des émeutes éclatent à l’instar de ce qui s’est passé en Algérie et de ce qui se passe encore en Tunisie. Ainsi, la Libye a anticipé et a décidé de supprimer toutes les taxes sur les produits alimentaires. Le gouvernement a décidé de «supprimer les droits de douane et toute autre taxe sur les produits alimentaires, notamment de première nécessité ainsi que sur le lait pour enfants», a déclaré une source gouvernementale libyenne citée par l’AFP, sans préciser si cette décision était liée aux troubles sociaux en Tunisie et en Algérie voisines. La même source a justifié cette mesure par la flambée des prix des produits alimentaires dans le monde, minimisant les recettes tirées par la Libye, riche pays pétrolier, des taxes douanières sur les produits alimentaires. Elle a par ailleurs indiqué que la Libye avait dépensé 6 milliards de dollars en 2010 sous forme de subventions pour les produits de première nécessité ainsi que pour le carburant et les médicaments.

La baisse des prix, soupape de soulagement
La Jordanie en a fait de même en prenant des mesures «immédiates» pour faire baisser les prix, a annoncé hier un haut responsable, dans un climat de mécontentement grandissant et avant des manifestations prévues vendredi prochain dans le royaume. Suite à des directives du roi Abdallah II, ces mesures «immédiates» visent à «atténuer l’impact de la hausse des prix des produits de base sur le niveau de vie des citoyens», a indiqué ce responsable à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat. Les tarifs des transports en commun, qui devaient augmenter en raison du prix des carburants, seront gelés, a-t-il ajouté. En outre, les prix des denrées, notamment ceux du riz et du sucre, n’augmenteront pas dans les 85 coopératives de l’armée, également ouvertes aux civils. Le manque à gagner sera pris en charge par l’armée, sachant que le bénéfice sur les produits vendus dans ces coopératives est faible, voire nul. Des protestations contre la vie chère, des violences liées aux opportunités de travail et une grogne qui commençait à monter ont poussé l’Etat à annoncer ces mesures. Si certains pays du Sud ont les moyens de faire face à cette flambée des cours des produits alimentaires sur les marchés mondiaux, d’autres risquent de connaître des crises alimentaires graves. Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU qualifie de «très dangereuse» la hausse actuelle des prix des denrées alimentaires qui préfigure, selon lui, une crise alimentaire à l’image de celle de 2008. «Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008», s’inquiète Olivier de Schutter dans un entretien hier au quotidien économique Les Echos. L’explosion des prix alimentaires de 2008 avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde. Selon lui, «quatre-vingts pays environ sont en situation de déficit alimentaire. Une hausse très dangereuse pour ces pays. C’est pourquoi il ne faut pas répéter les erreurs commises il y a trois ans», avertit-il. Les zones les plus menacées par une crise alimentaire sont les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad) «parce qu’ils sont en situation de déficit alimentaire», assure M. de Schutter. L’augmentation du prix des matières premières agricoles fragilise aussi des pays pauvres comme le Mozambique, «qui ont peu de réserves en devises», ajoute le responsable onusien. Des pays d’Asie centrale comme l’Afghanistan et la Mongolie sont aussi dans une situation «très fragile». La Corée du Nord n’est pas non plus épargnée, assure le responsable onusien. L’indice mesurant les évolutions de prix d’un panier de céréales, d’oléagineux, de produits laitiers, viande et sucre est au plus haut depuis sa création en 1990, a annoncé, la semaine dernière, l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Aujourd’hui, comme en 2008, il n’y a pas de problème de pénurie. Mais lorsque des informations sur des incendies en Russie, une canicule en Ukraine, des pluies trop fortes au Canada ou autres s’accumulent, certains opérateurs de marché préfèrent ne pas vendre tout de suite, tandis que les acheteurs cherchent à acheter autant que possible. Si tout le monde fait ça, les prix augmentent», résume M. de Schutter. Il propose d’encourager les pays à reconstituer des stocks alimentaires pour «lisser les prix». «Si les réserves sont gérées avec les organisations paysannes, cela protégera les producteurs et les consommateurs contre des prix très volatils», avance Olivier de Schutter. Il appelle également à imposer davantage de transparence sur les opérations de gré à gré sur les marchés des dérivés où, selon lui, «92% des opérations se déroulent dans l’opacité».

Impacts sociaux de la crise mondiale
Les effets de la crise économiques mondiale continuent à se faire ressentir là où certaines activités délocalisées vers le pays du Sud ferment boutique comme c’est le cas au Maroc. A ce propos, une journée de soutien aux 1 500 ouvriers marocains du textile, licenciés par une filiale d’un groupe anglais suite à la fermeture définitive de quatre de ses usines dans la ville de Salé (près de Rabat), est prévue le 21 janvier prochain, à l’initiative d’un syndicat marocain en présence de représentants syndicaux étrangers, a-t-on indiqué à Rabat. L’Organisation démocratique du travail (ODT) organisera, à cette occasion, une marche à travers la zone industrielle de Salé pour dénoncer les pratiques abusives des propriétaires du groupe Mornatex, responsable de la mise au chômage, en novembre dernier, de ces travailleurs suite à l’arrêt complet de ses activités dans le royaume, a-t-on ajouté. Depuis cette date, les ouvriers observent des sit-in permanents devant les locaux des usines. Mornatex, filiale de «Courtaulds», spécialisée dans la confection et l’habillement pour femmes, de lingerie et de vêtements pour les grandes enseignes, telles Marks and Spencer, Victoria’s et autres avait décidé, soudainement, de quitter le Maroc pour «d’autres lieux plus attractifs où les responsables offrent de meilleurs avantages fiscaux», ont souligné des syndicalistes. Selon eux, les multinationales installées au Maroc profitent du laxisme et du silence des autorités compétentes pour contourner la loi et quitter le royaume sans la moindre indemnisation.«Depuis le déclenchement de la crise internationale, plus de 50 entreprises ont fermé définitivement leurs portes, entraînant des milliers de postes perdus et de salariés mis au chômages, sans la moindre indemnisation des salariés licenciés», a affirmé un syndicaliste. Les travailleurs de ces usines fermées réclament l’intervention urgente du gouvernement auprès de la direction de la multinationale afin d’éviter un drame avec ses retombées catastrophiques sur le plan social et sur le textile marocain dont le secteur est le plus pourvoyeur d’emplois au Maroc. Pour les 1 500 travailleurs qui ont diligenté une procédure judiciaire auprès du tribunal de première instance de Salé, «il est inacceptable que les multinationales s’enrichissent au Maroc et le quittent sans s’acquitter de leurs engagements envers les salariés». Le secteur du textile et cuir, au Maroc a enregistré 40% de fermetures d’entreprises, soit 24 établissements entre janvier et juin 2010 et des licenciements atteignant 74,5% des effectifs, soit 5 699 licenciés sur un total de 7 645, selon des chiffres du ministère de l’Emploi marocain. Par ailleurs, une dégradation marquée des exportations du secteur des textiles dont l’activité est orientée à 60% vers l’extérieur a été constatée durant les neuf premiers mois de l’année 2010 par l’Office des changes marocain sur les indicateurs mensuels des échanges. Cette détérioration s’est particulièrement fait sentir du coté des vêtements confectionnés dont les exportations en valeur ont reculé de 8,5% entre les 9 premiers mois de 2009 à 2010, ce qui représente 13,2 milliards de dirhams contre 14,4 en 2009, soit 1,2 milliard de moins (environ 144 millions de dollars), indique l’Office des changes. Ce dernier signale, par ailleurs, que l’indice de la production industrielle textile a viré au rouge ces deux dernières années, s’établissant à moins 2,6% en 2008 et moins 0,9% en 2009.

L’économie marocaine fragilisée
L’activité textile qui reste en tête des produits exportés par le Maroc avec une part de 12,5% à fin septembre 2010 contre 16,9% en 2009, soit une baisse de 4,4% connaît actuellement, selon les spécialistes, une «descente aux enfers», confirmée à chaque bilan d’étape sur les statistiques économiques et commerciales du secteur. Le textile qui bénéficiait pendant de longues années d’une position fort avantageuse affronte, depuis l’expiration de l’accord multifibres en 2005, une rude concurrence sur le marché européen de la part de produits aux coûts très bas et de qualité en provenance de l’Europe de l’Est et d’Asie. Le textile est, selon des spécialistes, révélateur du retard accumulé par le tissu productif marocain en termes de modernisation des moyens de production, de restructuration et d’intégration des filières.

R. I.

Tunisie porte de la capitale Tunis 2011


Thomas Vampouille
En Tunisie, les violences se rapprochent de la capitale

Les émeutes ont gagné mardi la banlieue de Tunis, tandis que le bilan humain des derniers jours oscille toujours entre 21 et 50 selon les sources.

Le bilan humain des violences en Tunisie est toujours incertain. Le gouvernement a admis mardi soir le chiffre de 21 décès, tandis qu'un syndicaliste avait évoqué dans la journée plus de 50 morts dans les trois derniers jours. «Ceux qui ont parlé de 40 ou 50 morts doivent produire une liste nominative», a rétorqué le ministre tunisien de la Communication, Samir Laabidi. De son côté la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) a assuré disposer d'une «liste nominative» de 35 tués, tout en confirmant que le bilan total devait effectivement avoisiner les 50 morts.

Fait nouveau, les violences ont, pour la première fois depuis le début de la révolte sociale, gagné mardi la banlieue de la capitale. Dans la cité Ettadhamoun, à 15 km du centre de Tunis, des affrontements ont ainsi opposé des manifestants et des forces de l'ordre. «Nous n'avons pas peur», ont crié des groupes de jeunes manifestants qui ont, selon un témoin, brûlé un autobus et saccagé des commerces. La police a tiré des gaz lacrymogènes et des tirs de balles en caoutchouc ont été entendus par un autre témoin. Ces heurts, qui ont duré deux heures dans la soirée, seraient les plus graves dans la banlieue de Tunis, où des manifestations ont été étouffées dans la journée.


Washington : «Un usage excessif de la force»

Ailleurs dans le pays, un membre de l'union régionale de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale), Sadok Mahmoudi, a décrit «le chaos à Kasserine», dans le centre du pays. Évoquant une nuit de violences, il a rapporté des «tirs de snipers» et des «pillages et vols de commerces et de domiciles par des effectifs de police en civil». Un fonctionnaire local ayant requis l'anonymat a confirmé des tirs de snipers postés sur les toits et des tirs des forces de police sur des cortèges. Le personnel médical de l'hôpital de Kasserine a débrayé mardi durant une heure en signe de protestation, a ajouté ce fonctionnaire, décrivant des «cadavres éventrés, à la cervelle éclatée». Le gouvernement tunisien, lui, campe toujours sur ses positions : Kasserine a été selon lui «le théâtre d'actes de violence et de destructions perpétrés par des groupes qui ont attaqué deux postes de police, à coup de bouteilles incendiaires, de bâtons et de barres de fer».

Dans un contexte de réactions internationales et en particulier françaises prudentes, les États-Unis ont fait part mardi de leur préoccupation face à des informations selon lesquelles les forces tunisiennes feraient un «usage excessif de la force» envers les manifestants. Le département d'État avait déjà fait part vendredi de sa préoccupation, convoquant l'ambassadeur de Tunisie pour demander le respect des libertés individuelles. Le gouvernement tunisien, qui s'est dit «surpris» par les commentaires de Washington, a en retour convoqué lundi l'ambassadeur américain à Tunis. Le ministère tunisien de l'Intérieur reconnaît que la police a fait «usage des armes mais, selon lui, «dans un acte de légitime défense, lorsque les assaillants ont multiplié les attaques».

Victimes prêts à la consommation crédit à la consommation youtube


Amiens. Drame familial sur fond d'endettement

Un sexagénaire aurait tué sa mère, sa femme et sa fille, avant de se pendre hier dans un quartier pavillonnaire de Pont-de-Metz, près d'Amiens. Les trois victimes auraient été égorgées, selon le procureur d'Amiens. Cet artisan, retraité de 62 ans, aurait laissé un courrier pour expliquer son geste dû à des dettes issues de prêts à la consommation pour un montant de «plusieurs milliers d'euros», a-t-il expliqué. (Photo AFP)

Tuesday, January 11, 2011

Tunisie youtube 2011 france 24

Haïti 2010 - 2011 youtube



Björk youtube


Björk Guðmundsdóttir ([ˈpjœr̥k ˈkvʏðmʏntsˌtoʊhtɪr]) est une musicienne, chanteuse, compositrice et actrice islandaise, née le 21 novembre 1965 à Reykjavík.

Il est difficile de la faire entrer dans une catégorie musicale précise : électro-pop, pop underground, pop expérimentale, trip-hop ou indépendant sont autant de qualificatifs qui peuvent lui être attribués. Sa musique est, de son propre aveu, profondément ancrée dans la pop, mais Björk a su en repousser les limites

l'Islande économie 2011 s'enfonce dans la récession


Le FMI débloque une nouvelle tranche d'aide à l'Islande
LEMONDE.FR 10.01.11 22h06

Le Fonds monétaire international a annoncé lundi 10 janvier avoir débloqué la cinquième tranche de son prêt à l'Islande, pour un montant de 160 millions de dollars, un mois après la signature d'un accord réglant le litige international qui concernait la banque en faillite Icesave.

L'institution a indiqué dans un communiqué que son conseil d'administration avait approuvé le versement de cette somme. Elle portera à 1,49 milliard de dollars, sur les 2,13 milliards de dollars prévus, les montants touchés par Reykjavik.

UN DIFFÉREND QUI A RETARDÉ L'AIDE DU FMI

L'Islande avait obtenu ce prêt en novembre 2008, au plus fort de la crise financière, pour éviter que son économie ne sombre avec des banques ruinées. Au troisième trimestre 2010, celle-ci a renoué avec la croissance après sept trimestres de recul du produit intérieur brut. Le versement de l'aide du FMI a pris beaucoup de retard en raison d'un différend avec les Pays-Bas et le Royaume-Uni, concernant l'indemnisation des clients britanniques et néerlandais d'une banque islandaise, Icesave, qui avait été prise en charge par Londres et La Haye.

Après de multiples rebondissements et tractations, les trois pays ont fini par trouver un accord en décembre pour que l'Islande rembourse entre 2016 et 2046. Mais l'histoire pourrait ne pas s'arrêter là : l'accord doit encore être approuvé par le gouvernement, le Parlement et surtout le président islandais, opposant farouche à un précédent règlement qui paraissait plus favorable à l'Islande.
Le versement du prêt du FMI est désormais prévu jusqu'en août.

AFP

UN CRASH BOURSIER EN PREPARATION Mr Lyndon LaRouche 2011


Selon certains économistes dont Lyndon LaRouche , l’économie américaine serait à bout de souffle, ce qui en soit ne semble pas une nouveauté. Toujours selon les analystes si 2006 a été l'année du déclenchement de la crise, 2007 va être l'année de son impact et donc porteuse de grands bouleversements économiques aux conséquences imprévisibles, si ce n’est un risque majeur pour la stabilité mondiale. Certains signes laissent à penser de l’imminence du moment quant à un crash boursier programmée par les détenteurs du pouvoir économique.
Lyndon Hermyle LaRouche, Jr. (né le 8 septembre 1922, à Rochester, au New Hampshire) est un homme politique, économiste, essayiste et polémiste américain. Il est le fondateur des revues Fusion et Executive Intelligence Review. Bien qu'il n'ait aucun diplôme en économie, il se présente comme spécialiste de l'« économie physique » et défend un programme de réorganisation complète du système financier international. Politiquement, il se dit « dans le droit fil du Mouvement des droits civiques de Martin Luther King et dans la tradition du New Deal de Franklin Delano Roosevelt et de Harry Hopkins

En France, son représentant est Jacques Cheminade, président du parti Solidarité et Progrès et candidat à l'élection présidentielle de 1995. Cette alliance avec Cheminade permet au mouvement de jeunes de LaRouche d'avoir une section française : le Mouvement de jeunes de LaRouche et Cheminade (ou LYM-France). Les méthodes de recrutement et d’embrigadement de cette organisation ont été épinglées par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires et par des associations de vigilance anti-sectes telles que l’UNADFI. En Allemagne, le représentant de LaRouche est sa femme, Helga Zepp-LaRouche. Fondatrice et présidente de l'Institut Schiller voué à faire connaître la pensée de LaRouche outre-Rhin, elle fut candidate à la chancellerie allemande pour le Bürgerrechtsbewegung Solidarität (Büso/Mouvement des droits civiques Solidarité, sorte d'équivalent allemand de Solidarité et Progrès).

Economie maghreb 2011


"Les promesses de Ben Ali sont peu crédibles"
Par Elie Patrigeon - publié le 11/01/2011 à 18:24


Lahcen Achy est économiste, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient. Spécialiste du Maghreb, il a réalisé de nombreux travaux sur les économies de la région. Il décrypte la crise actuelle en Tunisie, en Algérie mais aussi la situation au Maroc et dans les pays proches.

Les pays du Maghreb ont connu un net ralentissement économique ces dernières années. La crise est-elle à l'origine de la flambée de violence en Tunisie et en Algérie?
En Tunisie, la grogne sociale résulte d'une accumulation de colères. La crise, notamment, y est pour quelque chose. Alors qu'en rythme annuel, la croissance tunisienne atteignait 5 à 6%, elle s'est contractée à 3,1% en 2009 et devrait atteindre 3,8% en 2010. Le pays est très dépendant des pays européens et subit les contrecoups de leur ralentissement. Les exportations, le tourisme, les transferts financiers de l'émigration sont largement affectés par la récession en Europe. Les envois de fonds des travailleurs en 2010: c'est un peu moins de 2 milliards de dollars en baisse de 5% par rapport à 2009 alors que les recettes touristiques, environ 2,4 milliards de dollars en 2010, sont en baisse de 7% par rapport à 2009. A ces mécontentements s'ajoutent des revendications politiques pour plus de participation qui ne sont pas nouvelles mais qui s'accentuent.

En Algérie, les problèmes économiques sont une tendance de long terme et le pays a une tradition de manifestations violentes. Le pays dispose de beaucoup de ressources, notamment pétrolières, qui permettent au pays d'afficher un endettement extérieur de 10% du PIB et de disposer de réserves d'argent importantes. Pour autant, l'économie algérienne est mal gérée et n'est jamais passé à l'économie de marché, malgré plusieurs tentatives. Elle n'a jamais connu les performances de l'économie tunisienne. Les ressources pétrolières sont mal réparties et la corruption est endémique.

A titre d'exemple, le dernier plan quinquennal, qui s'étend de 2010 à 2015, est budgété à hauteur de 286 milliards de dollars dont 150 milliards pour achever les projets du plan précédent. Il y a un problème structurel de gaspillage et de mauvaise gestion.

Les annonces du président Ben Ali suffiront-elle à calmer les esprits?
La Tunisie crée 70.000 emplois par an et le président souhaite doubler ce rythme pour atteindre 300.000 en deux ans. Je ne vois pas comment il pourra tenir cet objectif. La reprise européenne, dont dépend le renforcement de l'économie tunisienne, est encore trop faible pour susciter des créations d'emplois aussi nombreuses. D'autant plus que les troubles actuels risquent de ralentir les investissements européens et réduire le tourisme, qui sont pourtant les deux moteurs de l'économie. Quant à la fonction publique, la marge de manoeuvre est limitée. Le pays est endetté à hauteur de 48% du PIB et le pays n'a pas les ressources budgétaires suffisantes pour augmenter ses effectifs de fonctionnaires. D'ailleurs, en proposant des exonérations de charge aux entreprises, c'est surtout au secteur privé que Ben Ali s'adressait.

A bien des égards, le Maroc est confronté à des problèmes similaires que ces deux voisons. Pourquoi ne connaît-il pas les mêmes manifestations?
La situation marocaine est difficile. Le chômage des jeunes est très élevé. Mais le pays est mieux géré que l'Algérie. Il y a une véritable vision économique, avec des investissements ciblés. L'automobile, avec l'implantation de Renault, le tourisme ou encore le port de Tanger en sont des exemples. Le gaspillage et la corruption y sont moins présents.

De plus, à l'inverse de la Tunisie, les espaces de participations politiques et civiques sont plus grands. Le pays a connu une véritable alternance et les partis d'opposition comptent au Parlement. Le Maroc se situe dans le cadre d'une monarchie parlementaire où sont autorisés la contestation - il y a eu des manifestations récemment devant le Parlement- et où les associations tiennent une place importante. Ces dernières jouent un vrai rôle dans la lutte contre la pauvreté.

La Libye et la Jordanie ont annoncé des mesures de subventions des produits alimentaires de base. Craignez-vous une extension des manifestations à d'autres pays?
Les gouvernements sont vigilants. Les pays du Maghreb, tout comme ceux du Moyen-Orient, connaissent deux problèmes identiques. Le chômage des jeunes est, partout, une préoccupation. D'autre part, la hausse des prix agricoles fait craindre pour la sécurité alimentaire de ces pays. En 2008, il y avait déjà eu des émeutes de la faim en Egypte. Ces pays ont tiré les leçons de ce passé.

Croyez-vous à une sortie de crise rapide?
Le discours du président Ben Ali a fait passer deux messages contradictoires : la priorité sur l'emploi et la fermeté face aux "terroristes". Cela n'a pas été bien reçu. Les promesses sur l'emploi sont peu crédibles, et jugées comme telle par les Tunisiens. S'il avait les moyens de créer 300.000 emplois, pourquoi ne l'aurait-il pas déjà fait? De plus, il n'a apporté aucune réponse sur les problèmes institutionnels et politiques. Les risques de soulèvements persistent donc.

En Algérie, le mécontentement ne s'est pas dirigé aussi directement contre le pouvoir en place. Le pays a les moyens et les ressources d'améliorer les conditions de vie de ses habitants. Malgré cela, même si le gouvernement a pris des mesures contre les hausses de prix, il n'y a pas d'évolution notable en matière de gestion de l'économie.